Surveillance active du cancer de la prostate

Dernière révision médicale :

De nombreux hommes recevant un diagnostic de cancer de la prostate n’ont pas besoin d’être traités immédiatement. En effet, la plupart des cancers de la prostate se développent lentement et risquent peu de se propager hors de la prostate. Les hommes atteints d’un cancer de la prostate qui risque très peu de se développer rapidement ou de se propager peuvent se voir offrir la surveillance active. Cela signifie que votre équipe de soins observe attentivement le cancer plutôt que de le traiter immédiatement. On surveille l'apparition de signes de développement ou de propagation du cancer de la prostate ou bien d'une aggravation de votre état à l'aide de tests et d'examens. On vous administrera un traitement quand vous présenterez des symptômes ou que le cancer changera.

La surveillance active permet d’éviter les effets secondaires qui peuvent se produire quand on a recours à des traitements comme la chirurgie ou la radiothérapie. À ce jour, aucune donnée n’indique que les personnes qu'on surveille activement ne vivent pas aussi longtemps que celles qui reçoivent d’autres traitements. De plus, rien ne démontre que la surveillance active engendre d’autres effets négatifs si ou quand on commence un traitement.

Qui est traité par surveillance active?

On peut vous proposer la surveillance active si :

  • le cancer est de petite taille;
  • le cancer se trouve seulement dans la prostate;
  • le cancer ne cause aucun symptôme;
  • on s'attend à ce que le cancer se développe lentement (groupe de grade 1 ou 2);
  • le cancer est à risque faible ou très faible;
  • le taux d'antigène prostatique spécifique (APS) est inférieur à 10 ng/ml;
  • vous préférez ne pas recevoir de traitement tout de suite afin d’éviter ses effets secondaires et de conserver la qualité de vie à laquelle vous êtes habitué.

Déroulement de la surveillance active

Vous subirez des examens tous les 3 à 6 mois pour surveiller le cancer. Ces examens peuvent comprendre ceux-ci :

  • test de l’APS;
  • examen physique, dont un toucher rectal (TR);
  • biopsie de la prostate;
  • scintigraphie osseuse, radiographie pulmonaire ou tomodensitométrie (TDM), selon les signes et les symptômes qui se manifestent;
  • imagerie par résonance magnétique (IRM) de la prostate dans certains cas.

Début des traitements

On entreprend les traitements tels que la chirurgie ou la radiothérapie si :

  • le taux d’APS continue d’augmenter au fil du temps;
  • les échantillons des biopsies de suivi ont une cote de Gleason plus élevée;
  • des symptômes apparaissent et des examens indiquent que le cancer commence à se développer.

Certains hommes trouvent qu’il est rassurant de traiter le cancer de la prostate même s’il est peu probable que cela leur permette de vivre plus longtemps. On pourrait leur proposer des traitements peu après leur diagnostic.

Discutez avec votre médecin des avantages et des inconvénients de la surveillance active, des options de traitement et de leurs effets secondaires possibles. Cela vous aidera à choisir l’option de traitement qui vous convient le mieux.

Révision par les experts et références

  • Peter Chung, MBChB, FRCPC
  • Krista Noonan, MD, FRCPC