Pronostic et survie pour le cancer de la prostate

Si vous êtes atteint d’un cancer de la prostate, vous vous posez peut-être des questions sur votre pronostic. Le pronostic est l'acte par lequel le médecin évalue le mieux comment le cancer affectera une personne et répondra au traitement. Le pronostic et la survie dépendent de nombreux facteurs. Seul un médecin qui connaît bien vos antécédents médicaux, le type de cancer dont vous êtes atteint, le stade et d’autres caractéristiques de la maladie, les traitements choisis et la réaction au traitement peut examiner toutes ces données de concert avec les statistiques de survie pour en arriver à un pronostic.

Un facteur pronostique est un aspect du cancer ou une caractéristique de la personne que le médecin prend en considération lorsqu’il fait un pronostic. Un facteur prédictif influence la façon dont le cancer répond à un certain traitement. On aborde souvent les facteurs pronostiques et les facteurs prédictifs ensemble. Ils jouent tous les deux un rôle dans le choix du plan de traitement et dans l’établissement du pronostic.

Les éléments suivants sont les facteurs pronostiques ou prédictifs du cancer de la prostate.

Stade

Un cancer de la prostate de stade moins élevé au moment du diagnostic engendre un pronostic plus favorable. Le pronostic d’un cancer qui ne s’est pas propagé à l’extérieur de la prostate au moment du diagnostic est meilleur que celui d’un cancer qui l’a fait.

Grade

Plus la cote de Gleason est basse, meilleur est le pronostic. Un cancer de la prostate dont la cote de Gleason est inférieure à 7 engendre un pronostic plus favorable qu'un cancer de la prostate dont la cote de Gleason est équivalente ou supérieure à 7.

Taux d’antigène prostatique spécifique (APS)

Certaines recherches indiquent qu’un taux d'antigène prostatique spécifique (APS) supérieur à la normale peut engendrer un pronostic sombre, car un taux d’APS élevé est lié à une hausse du risque de propagation du cancer de la prostate.

Temps de doublement de l’APS

Le temps de doublement de l’APS évalue le temps que prend le taux d’APS pour doubler. Par exemple, un temps de doublement de l’APS de 3 ans signifie qu’en moyenne, le taux d’APS double tous les 3 ans. Le temps de doublement de l’APS aide les médecins à déterminer si le cancer de la prostate est agressif, c’est-à-dire s’il a tendance à se développer rapidement et à se propager. Un temps de doublement plus court est associé à un pronostic plus sombre.

Catégories de risque

Les médecins peuvent classer le cancer de la prostate en groupes fondés sur son risque de réapparition (récidive) après le traitement. Ces catégories de risque se basent sur la tumeur (T), la cote de Gleason et le taux d'APS. Moins la catégorie de risque est élevée, plus le risque de récidive est bas après une prostatectomie radicale.

Apprenez-en davantage sur les catégories de risque du cancer de la prostate.

Nomogrammes

Les nomogrammes sont des modèles statistiques qui permettent d'établir le pronostic probable. Ils tiennent compte du stade, de la cote de Gleason, du taux d’APS, des rapports de pathologie rédigés à la suite de biopsies, du recours à l’hormonothérapie, de la dose de radiation et d’autres renseignements propres à vous comme votre âge ou les traitements que vous avez déjà reçus.

Les nomogrammes employés pour établir le pronostic du cancer de la prostate comprennent les suivants.

Nomogramme d’évaluation du risque de cancer de la prostate (CAPRA)

Les médecins utilisent le nomogramme d’évaluation du risque de cancer de la prostate (CAPRA, pour "Cancer of the Prostate Risk Assessment") pour les aider à estimer le risque de propagation du cancer et le risque de décès par cancer de la prostate ainsi qu'à prendre des décisions relatives au traitement. Ce nomogramme se fonde sur les éléments suivants :

  • taux d'APS;
  • cote de Gleason;
  • pourcentage de prélèvements faits par biopsie dans lesquels le cancer est présent;
  • stade;
  • votre âge au moment du diagnostic.

Tableaux de Partin

Les tableaux de Partin sont des nomogrammes qui aident les médecins à estimer le risque de propagation du cancer avant une chirurgie visant à enlever la prostate. Cela leur permet de prendre des décisions relativement aux traitements. Les tableaux de Partin se fondent sur les éléments suivants :

  • cote de Gleason;
  • taux d'APS;
  • stade.

Tabagisme

Certaines données permettent de dire qu'une personne qui fume au moment du diagnostic est plus susceptible d’avoir une récidive biochimique (aussi appelée échec biochimique) et de mourir du cancer de la prostate qu'une personne qui ne fume pas. Une récidive biochimique signifie que le taux d’APS se met à augmenter après le traitement sans qu’il n'y ait d’autres signes de cancer.

Taux de certaines substances chimiques dans le sang

Le taux de certaines substances chimiques dans le sang peut engendrer un pronostic sombre chez les hommes atteints d’un cancer de la prostate hormono-résistant métastatique :

  • taux élevé de phosphatase alcaline;
  • faible taux d’hémoglobine;
  • faible taux d’albumine;
  • taux élevé de lacticodéshydrogénase.

Apprenez-en davantage sur les substances chimiques mesurées dans le sang.

Signatures génétiques

Le profil d’expression génétique est une façon d’analyser de nombreux gènes à la fois afin de savoir lesquels sont actifs et lesquels ne le sont pas. Les médecins ont trouvé plusieurs modèles génétiques anormaux (signature génétique) chez les personnes atteintes de cancer de la prostate. Ces signatures génétiques les aident à établir un pronostic. Certaines signatures génétiques sont liées à un meilleur pronostic et à une meilleure réaction au traitement tandis que d’autres signatures sont associées à un pronostic plus sombre.

Révision par les experts et références

Statistiques de survie pour le cancer de la prostate

Les statistiques de survie au cancer de la prostate sont des estimations très générales qui doivent être interprétées avec prudence. Puisqu’elles sont fondées sur l’expérience de groupes de personnes, elles ne permettent pas de prévoir les chances de survie d’une personne en particulier.