Portrait

L’histoire de Tennille : Vivre avec un cancer avancé de l’utérus

C’est en 2019 qu’a commencé l’expérience de cancer de Tennille, soit après qu’elle eut découvert qu’elle avait une bosse sur la peau. Une fois celle-ci retirée, elle a appris qu’il s’agissait d’une forme rare et agressive de cancer de la peau appelée carcinome sébacé.

D’autres examens ont suggéré qu’elle pourrait également être atteinte du syndrome de Lynch, une maladie héréditaire susceptible d’augmenter le risque de développer certains cancers. Toutefois, la confirmation de ce diagnostic a été retardée de quatre ans en raison d’une longue liste d’attente pour le dépistage génétique.

Des années plus tard, Tennille a commencé à éprouver de nouveaux symptômes. Elle était fatiguée, souffrait de douleurs abdominales et avait des saignements abondants et fréquents. Au début, elle a cru qu’il pourrait s’agir de la périménopause.

Mais lorsqu’elle a commencé à aller très mal et senti une masse dans son abdomen, Tennille s’est rendue à l’urgence. 

Les examens ont révélé la présence d’une grosse tumeur mesurant 13,5 cm sur 18,5 cm.

La semaine suivante, Tennille se soumettait à une intervention majeure comprenant une hystérectomie totale ainsi que l’ablation des ovaires et des trompes de Fallope.

On lui a alors diagnostiqué un cancer de l’utérus de stade 4 qui s’était propagé aux ovaires, aux poumons et au foie.

Tennille a également appris qu’il ne lui restait que 12 à 18 mois à vivre.

Avoir un cancer de l’utérus avancé à l’âge de 46 ans, ce n’est pas normal. C’est rare. Habituellement, ce cancer est détecté au stade 1 ou 2, et chez les femmes plus âgées que moi.

« Quand on m’a dit que j’allais devoir arrêter de travailler et qu’il ne me restait que 12 à 18 mois à vivre, j’étais, honnêtement, très en colère de ne plus pouvoir poursuivre ma carrière professionnelle. »

Tennille est appuyée sur le cadre d’une fenêtre et regarde dehors.
Tennille Corbett

Trouver du soutien par l’entremise de ParlonsCancer.ca

Au début, Tennille n’était pas prête à accepter la réalité de son diagnostic.

« Je ne voulais pas consulter de psychologue. Je ne voulais pas participer à un groupe de soutien, assise dans une salle, parce que je n’arrivais pas à croire que cela m’arrivait. Mais je me suis jointe à la communauté de ParlonsCancer.ca. »

ParlonsCancer.ca est la communauté en ligne de la Société canadienne du cancer où les personnes atteintes de cancer partagent leurs expériences et se soutiennent mutuellement.

Les témoignages d’autres personnes ayant vécu une expérience de cancer, qu’elles aient elles-mêmes été atteintes de la maladie ou qu’elles aient joué un rôle de proche aidant, ont apporté un certain réconfort à Tennille.

J’y ai trouvé du réconfort, car d’autres personnes posaient les questions que je me posais moi-même. Il ne s’agissait pas nécessairement de leurs problèmes médicaux particuliers, mais plutôt de savoir : “Comment vous en êtes-vous sorti?”

Elle était également sensible au fait que tous les membres de la communauté avaient une expérience concrète et vécue du cancer, ce qui rendait l’information fiable et la communication, pleine d’empathie.

« Les personnes qui répondent aux questions, comme moi lorsque je réponds à une question sur le forum, sont sincères, empathiques; on se soutient mutuellement. »

Faire partie d’une communauté de personnes ayant reçu un diagnostic semblable lui a permis de se sentir moins seule.

« Il est important d’essayer de trouver des personnes qui vous ressemblent. Dans le graphique circulaire représentant tous les types de cancers, le cancer de l’utérus n’est pas le plus répandu, n’est-ce pas? Mais vous pouvez trouver des personnes comme vous sur ParlonsCancer. Elles sont là, quelque part. »

Faire face aux coûts liés au cancer

En plus de faire face à un pronostic dévastateur, la famille de Tennille devait également composer avec les répercussions sur ses finances. 

À l’époque, le fils de Tennille était à l’université tandis que sa fille terminait ses études secondaires. Ils ont dû prendre des décisions difficiles concernant leur avenir.

« Le projet que nous avions de financer leurs études supérieures a été interrompu. Ils s’endettent désormais d’une manière que nous n’avions pas prévue. »

Six mois après que le diagnostic de Tennille a été posé, son mari a perdu son emploi.

« C’était tout à fait inattendu, et ça a été un véritable choc. »

Avec Tennille en congé de maladie et son mari touchant des prestations d’assurance-emploi, ils ont dû gérer leurs finances avec prudence et s’adapter à une nouvelle réalité, tout en composant avec l’impact émotionnel du cancer.

Tennille à l’hôpital portant un masque bleu. Elle est branchée à un appareil.
Tennille dans une séance de traitement

Entreprendre un essai clinique en immunothérapie

Malgré son pronostic, Tennille a pu participer à un essai clinique portant sur l’immunothérapie en raison d’un syndrome de Lynch présumé.

En juin 2025, elle avait suivi 18 cycles de traitement qui avaient donné des résultats encourageants.

« En décembre 2024, j’avais dépassé le pronostic de 18 mois. Chaque jour est un cadeau. »

Tennille continue de passer des examens d’imagerie toutes les neuf semaines. Elle espère que cet essai clinique aidera d’autres personnes atteintes d’un cancer de l’utérus à un stade avancé.

« J’espère que le projet de recherche montrera qu’il est utile et nécessaire pour traiter le cancer de l’utérus de stade 4 ».

Le fait que Tennille soit touchée par le cancer a changé son rapport au quotidien. Elle demeure avant tout dans le moment présent et gère son diagnostic un jour à la fois.

« La seule façon, je crois, d’expliquer comment je fais pour passer à travers est que j’arrive à compartimenter les choses. Quand je dois me rendre à l’hôpital et au centre d’oncologie, c’est la journée pour y penser. Autrement, je mets ça de côté. »

Tennille a également trouvé un sens à sa vie en donnant au suivant par le biais du bénévolat. Elle a également coécrit avec sa fille un livre sur son expérience de cancer et sur la résilience. Elle a par ailleurs cofondé le premier registre de cadeaux pour les personnes atteintes de cancer au Canada, Apothecare, afin d’aider les personnes touchées par cette maladie.

La Société canadienne du cancer m’a aidée au moment où j’en avais le plus besoin. Ses programmes ont été une bouée de sauvetage. À présent, je peux faire en sorte que les autres ressentent ce que j’ai ressenti : se sentir compris, soutenus et rassurés sur le fait qu’ils ne sont pas seuls.
Tennille et sa fille posent avec des exemplaires de leur livre.
Tennille en compagnie de sa fille

Raconter son histoire

Aujourd’hui, Tennille raconte son histoire pour encourager les femmes à prendre soin de leur santé. 

Je veux que les femmes sachent qu’un saignement anormal est anormal pour une raison. Allez vous faire examiner. Je savais qu’il y avait quelque chose de bizarre, mais j’ai fait comme si de rien n’était.

Elle encourage vivement les femmes à être à l’écoute de leur corps et à exiger des réponses lorsque quelque chose ne va pas.

« Je pense que les femmes ont une forte tolérance à la douleur, nous l’attribuons donc simplement aux 30 années passées à gérer les crampes liées au cycle menstruel. Mais quand quelque chose ne va pas, écoutez votre corps et défendez vos intérêts. Insistez pour passer une échographie. Insistez pour obtenir le traitement dont vous avez besoin afin de déterminer d’où vient le problème. »

Tennille milite aussi pour un dépistage génétique plus facilement accessible et plus rapide. Elle ajoute que connaître nos risques génétiques peut nous aider à prendre des décisions éclairées et potentiellement prévenir un cancer futur.

Et surtout, elle souhaite que les autres personnes atteintes d’un cancer de l’utérus sentent qu’on les écoute.

Le cancer de l’utérus n’est pas aussi prévalent que le cancer du sein, le cancer du col de l’utérus ou le cancer de l’ovaire. Je souhaite raconter mon histoire afin que les femmes touchées par ce type de cancer puissent aussi se faire entendre.
 

Aidez-nous à créer un avenir sans cancer

Avec le soutien de lecteurs comme vous, nous pouvons continuer à faire une différence significative pour les personnes atteintes de cancer.

Nous sommes déterminés à augmenter les taux de survie, à freiner le cancer avant qu’il ne se développe et à améliorer des vies. Mais nous ne pouvons pas y arriver sans vous.

Si chaque personne qui lit ce message donnait seulement 5 $, nous pourrions atteindre notre objectif ce mois-ci pour financer les projets de recherche les plus prometteurs, offrir des services de soutien empreints de compassion et mener des activités de défense de l’intérêt public. Faites un don dès maintenant, car chaque contribution compte. Merci d’avance!