Diagnostiquer le rhabdomyosarcome

Le processus diagnostique du rhabdomyosarcome débute habituellement par une visite au médecin de votre enfant. Il vous questionnera sur les symptômes éprouvés par l’enfant et il lui fera un examen physique. En se basant sur ces informations, le médecin pourrait vous diriger vers un spécialiste ou prescrire des examens afin de vérifier la présence d’un rhabdomyosarcome ou d’autres problèmes de santé.

Le processus diagnostique peut sembler long et décourageant. C’est normal de s’inquiéter, mais essayez de ne pas oublier que d’autres affections médicales peuvent causer des symptômes semblables à ceux du rhabdomyosarcome. Il est important que l’équipe de soins élimine toute autre cause possible du problème de santé avant de poser un diagnostic de rhabdomyosarcome.

On a couramment recours aux tests qui suivent pour diagnostiquer ou éliminer le rhabdomyosarcome. Bien des tests permettant de poser le diagnostic de cancer sont également employés pour en déterminer le stade, c’est-à-dire jusqu'où la maladie a progressé. Le médecin pourrait aussi faire passer d'autres examens à votre enfant afin de vérifier son état général de santé et d’aider à planifier son traitement.

Antécédents médicaux et examen physique

Les antécédents médicaux de votre enfant consistent en un bilan de ses symptômes, de ses facteurs de risque et de tous les événements et troubles médicaux qu’il aurait pu éprouver dans le passé. En notant ses antécédents médicaux, le médecin vous posera des questions sur ses antécédents personnels ou familiaux de certains troubles génétiques, dont ceux-ci :

  • syndrome de Li-Fraumeni;
  • neurofibromatose de type 1 (maladie de von Recklinghausen);
  • syndrome de Beckwith-Wiedemann;
  • syndrome de Costello;
  • syndrome de Noonan.

L'examen physique permet au médecin de rechercher tout signe de rhabdomyosarcome. Le médecin fait un examen physique et :

  • vérifie s’il y a de l’enflure ou des masses;
  • vérifie et palpe toute masse pour connaître sa taille et pour savoir si elle est mobile ou fixée à des tissus sous la peau, comme un muscle ou un os;
  • palpe les ganglions lymphatiques entourant toute masse.

Apprenez-en davantage sur l’examen physique.

Formule sanguine complète

La formule sanguine complète (FSC) permet d'évaluer la quantité et la qualité des globules blancs, des globules rouges et des plaquettes. On fait une FSC pour vérifier si le cancer s’est propagé à la moelle osseuse. Les résultats de la FSC servent également de valeurs de référence avec lesquelles les médecins peuvent faire des comparaisons au cours du traitement.

Apprenez-en davantage sur la FSC.

Analyses biochimiques sanguines

Lors d'une analyse biochimique sanguine, on mesure le taux de substances chimiques dans le sang. Elle permet d'évaluer la qualité de fonctionnement de certains organes et aussi de détecter des anomalies. Les médecins peuvent se servir des résultats des analyses biochimiques sanguines comme valeurs de référence avec lesquelles ils peuvent faire des comparaisons au cours du traitement.

Apprenez-en davantage sur les analyses biochimiques sanguines.

Radiographie

Lors d'une radiographie, on emploie des radiations de faible dose pour produire des images des structures du corps sur film. On fait parfois une radiographie pulmonaire pour savoir si le cancer s’est propagé aux poumons. Cependant, si on fait une TDM du thorax, on ne fera pas de radiographie pulmonaire.

Apprenez-en davantage sur la radiographie.

Tomodensitométrie

Lors d'une tomodensitométrie (TDM), on emploie des appareils radiographiques particuliers afin de produire des images à 3 dimensions et en coupes des organes, tissus, os et vaisseaux sanguins du corps. Un ordinateur assemble les clichés en images détaillées.

Les médecins ont recours à la TDM pour les tumeurs qui sont situées dans le thorax, l'abdomen, le bassin et l’espace se trouvant entre le péritoine et la paroi abdominale (rétropéritoine). La TDM permet de :

  • connaître la taille de la tumeur;
  • savoir si la tumeur a envahi les structures voisines;
  • vérifier si le cancer s’est propagé aux ganglions lymphatiques entourant la tumeur;
  • vérifier si le cancer s’est propagé à d’autres organes ou tissus, comme les poumons.

Apprenez-en davantage sur la TDM.

Imagerie par résonance magnétique

En imagerie par résonance magnétique (IRM), on a recours à de puissantes forces magnétiques et à des ondes radio-électriques pour produire des images en coupes des organes, tissus, os et vaisseaux sanguins du corps. Un ordinateur assemble les images en clichés à 3 dimensions.

Les médecins se servent de l’IRM pour les tumeurs à la tête et au cou, au bras, à la jambe et au bassin. L’IRM permet de :

  • connaître la taille de la tumeur;
  • savoir si la tumeur a envahi les structures voisines;
  • observer les muscles, le gras et le tissu conjonctif entourant la tumeur, ce qui aide les médecins à planifier la chirurgie ou la radiothérapie;
  • vérifier si le cancer s’est propagé à d’autres parties du corps, comme les ganglions lymphatiques autour de la tumeur, la moelle épinière ou le cerveau.

Apprenez-en davantage sur l'IRM.

Échographie

Lors d’une échographie, on a recours à des ondes sonores de haute fréquence pour produire des images des structures du corps. L’échographie permet d’observer les reins et les structures qui les entourent. Les médecins peuvent aussi faire une échographie pour observer des tumeurs dans le bassin, y compris dans la vessie, la prostate, les testicules, la vésicule biliaire, les canaux biliaires et les reins.

Apprenez-en davantage sur l'échographie.

Scintigraphie osseuse

Lors d'une scintigraphie osseuse, on emploie des matières radioactives qui se fixent sur les os (produits radiopharmaceutiques) et un ordinateur pour créer une image des os. On y a recours pour voir si le cancer s’est propagé aux os.

Apprenez-en davantage sur la scintigraphie osseuse.

Tomographie par émission de positrons

Lors d'une tomographie par émission de positrons (TEP), on emploie une matière radioactive appelée produit radiopharmaceutique pour détecter des changements dans l’activité métabolique des tissus du corps. Un ordinateur analyse les modèles de distribution de la radioactivité et produit des images à 3 dimensions et en couleur de la région examinée.

On a recours à la TEP pour :

  • différencier un rhabdomyosarcome d’une tumeur non cancéreuse dans un muscle;
  • savoir si le cancer s’est propagé à d’autres régions du corps.

Il se peut qu’on associe la TEP à la TDM à faible résolution (TEP/TDM). Des appareils plus récents sont en mesure d’effectuer une TEP et une TDM simultanément. La TEP/TDM permet d’examiner l’activité métabolique de régions précises du corps.

Il est possible que la TEP ne soit pas disponible dans tous les centres de traitement du cancer. Apprenez-en davantage sur la TEP.

Biopsie

Lors d’une biopsie, le médecin prélève du tissu ou des cellules du corps afin de les analyser en laboratoire. Le rapport issu du laboratoire confirme ou non la présence de cellules cancéreuses dans l’échantillon.

La biopsie est la seule technique permettant de diagnostiquer avec certitude le rhabdomyosarcome. On fait habituellement la biopsie après une TDM ou une IRM de la tumeur.

Biopsie chirurgicale

Le type le plus courant de biopsie pratiqué est la biopsie chirurgicale, aussi appelée biopsie ouverte. Durant cette intervention, le médecin fait une ouverture à travers la peau pour enlever un fragment de la tumeur. Il peut aussi enlever les ganglions lymphatiques situés près de la tumeur afin de savoir si le cancer s’y est propagé. L’enfant est sous anesthésie générale lors de la biopsie.

Apprenez-en davantage sur la biopsie chirurgicale.

Biopsie à l’aiguille

Si les médecins ne peuvent pas faire de biopsie chirurgicale, ils pourraient faire une biopsie à l’aiguille. Il existe 2 types de biopsie à l’aiguille.

Lors de la biopsie par forage, on se sert d’une aiguille pour faire un petit prélèvement dans la tumeur. Si la tumeur est enfouie en profondeur, il est possible que le médecin ait recours à l’échographie ou à la TDM pour guider l’aiguille jusque dans la masse. Apprenez-en davantage sur la biopsie par forage.

Lors de la biopsie à l’aiguille fine (BAF), on se sert d’une aiguille fine et d’une seringue pour enlever une petite quantité de liquide ou de cellules. La BAF est plus efficace pour les tumeurs qui se trouvent juste sous la peau et qu’on peut facilement atteindre avec l’aiguille. Apprenez-en davantage sur la BAF.

Ponction et biopsie de la moelle osseuse

Lors d'une ponction et d’une biopsie de la moelle osseuse, on prélève du tissu ou des cellules de la moelle osseuse dans le but de les analyser en laboratoire Les médecins y ont recours pour savoir si le cancer s’est propagé à la moelle osseuse.

Apprenez-en davantage sur la ponction et la biopsie de la moelle osseuse.

Ponction lombaire

La ponction lombaire, ou rachicentèse, sert à prélever une petite quantité de liquide céphalorachidien (LCR) dans la colonne vertébrale. Le LCR est le liquide qui entoure le cerveau et la moelle épinière et qui aide à les protéger. Le LCR prélevé lors de la ponction lombaire est examiné au microscope pour savoir si le cancer s'est propagé au système nerveux central (SNC). On peut faire une ponction lombaire si la tumeur se trouve près du tissu qui entoure le cerveau et la moelle épinière (méninges).

Apprenez-en davantage sur la ponction lombaire.

Questions à poser à votre équipe de soins

Afin de prendre les bonnes décisions pour votre enfant, posez des questions sur le diagnostic à son équipe de soins.

Révision par les experts et références

  • American Cancer Society. Rhabdomyosarcoma. 2014: http://www.cancer.org/cancer/rhabdomyosarcoma/.
  • Rhabdomyosarcoma-childhood. American Society of Clinical Oncology (ASCO). Cancer.Net. Alexandria, VA.: American Society of Clinical Oncology (ASCO); 08.
  • Sarcomas. B.C. Children's Hospital Oncology/Hematology/BMT Program. B. C. Children's Hospital. Vancouver, B.C.: B. C. Children's Hospital; 2003.
  • Cripe TP. Pediatric Rhabdomyosarcoma. WebMD LLC; 2014: http://emedicine.medscape.com/article/988803-treatment.
  • Hendershot, E . Rhabdomyosarcoma. Tomlinson, D. & Kline, N. E. (Eds.). Pediatric Oncology Nursing: Advanced Clinical Handbook. Germany: Springer; 2005: 2.9: pp.66-70.
  • Imbach P . Soft tissue sarcomas. Imbach P, Kuhne T, Arceci RJ (eds.). Pediatric Oncology: A Comprehensive Guide. 3rd ed. Cham, CH: Springer; 2014: 12:143-160.
  • Soft Tissue Sarcomas. Janes-Hodder, H. & Keene, N. Childhood Cancer - A Parent's Guide to Solid Tumor Cancers. 2nd ed. O'Reilly; 2002: 10:pp. 150-163.
  • National Cancer Institute. Childhood RhabdomyosarcomaTreatment (PDQ®) Patient Version. 2014: http://www.cancer.gov/cancertopics/pdq/treatment/childrhabdomyosarcoma/Patient/page1.
  • Rhabdomyosarcoma. St. Jude Children's Research Hospital. Cure4Kids. Memphis, TN: 2006.
  • Wexler LH, Meyer WH, & Helman LJ . Rhabdomyosarcoma. Pizzo, P. A. & Poplack, D. G. (Eds.). Principles and Practice of Pediatric Oncology. 6th ed. Philadelphia: Lippincott Williams & Wilkins; 2011: 31: pp. 923-953.
  • Zinger Kotsubo C . Rhabdomyosarcoma. Baggott C, Fochtman D, Foley GV, Patterson K (eds.). Nursing Care of Children and Adolescents with Cancer and Blood Disorders. 4th ed. APHON; 2011: 31:1054-1070.