Portrait

L’histoire de Catherine : redéfinir la vie après un diagnostic de cancer en phase terminale

Née et ayant grandi à Winnipeg, Catherine Wreford a toujours cherché à profiter pleinement de la vie.

Actrice et danseuse professionnelle, elle s’est produite à Broadway ainsi qu’au cinéma et à la télévision. Elle a également dirigé une société de prêts hypothécaires, suivi une formation en soins infirmiers et remporté la huitième saison de The Amazing Race Canada aux côtés de son meilleur ami, Craig.

En 2013, quelques semaines seulement après la naissance de sa fille, Catherine a reçu une nouvelle qui allait bouleverser sa vie. 

Le fils de Catherine tient sa petite sœur nouveau-née dans ses bras, tandis que Catherine soutient la tête du bébé.
Catherine en compagnie de son fils et de sa fille nouveau-née 

Un diagnostic bouleversant

En juin 2013, alors que Craig lui rendait visite ainsi qu’à sa fille nouveau-née, Catherine a commencé à souffrir de maux de tête. 

Elle présentait aussi d’autres symptômes, comme des étourdissements, une basse pression artérielle et des picotements dans les bras et les jambes.

Catherine croyait toutefois qu’il s’agissait simplement d’effets secondaires liés à l’accouchement. 

Craig l’a encouragée à en parler à sa sage-femme, qui lui a conseillé de se rendre immédiatement à l’urgence. 

Catherine est allée à l’hôpital où elle avait elle-même effectué sa formation en soins infirmiers.

On lui a fait passer une tomodensitométrie (TDM). Après l’examen, elle a remarqué que ses collègues étaient inhabituellement silencieux. 

L’imagerie a révélé la présence d’une masse au cerveau. À 32 ans, Catherine a reçu un diagnostic d’astrocytome anaplasique, un cancer du cerveau en phase terminale. 

Les médecins lui ont alors annoncé qu’il ne lui restait que de deux à six ans à vivre.  

Ce cliché du cerveau de Catherine montre une importante masse du côté droit.
Un cliché du cerveau de Catherine 

Commencer le traitement et composer avec des effets secondaires éprouvants

Catherine était sous le choc. Alors qu’elle tentait encore de comprendre ce que ce diagnostic signifiait pour elle, sa fille nouveau-née et son jeune fils, elle a dû passer un examen d’imagerie par résonance magnétique (IRM).

Elle a alors appris qu’elle devait être opérée au cerveau dès que possible et qu’une craniotomie en état vigile était prévue quelques jours plus tard. 

À l’époque, Catherine vivait en Oklahoma. Sa mère est donc venue du Canada pour la soutenir. 

Après l’intervention chirurgicale, Catherine a éprouvé d’importants effets secondaires, notamment des vomissements, de fortes fièvres et des lésions cérébrales qui ont affecté sa capacité à parler. 

Incapable de s’exprimer verbalement, il lui a fallu huit heures pour faire comprendre à son équipe soignante qu’elle voulait prendre sa fille dans ses bras. Elle a ensuite entrepris des séances d’orthophonie pour réapprendre à parler et à écrire. 

Malgré tout ce qu’elle vivait, le plus difficile pour Catherine a été de devoir cesser d’allaiter sa fille de cinq semaines lorsqu’elle a commencé la chimiothérapie. 

Apprendre que j’avais un cancer alors que ma fille était si jeune a été extrêmement bouleversant. J’ai dû arrêter de l’allaiter. J’étais anéantie, parce que c’était notre façon de créer un lien.

Même si Catherine était profondément attristée de perdre ce moment privilégié avec sa fille, sa communauté et ses collègues en soins infirmiers se sont mobilisées pour l’aider. Un jour, elles lui ont fait la surprise de déposer devant sa porte un congélateur rempli de lait maternel.

« Ce lait maternel a été le plus beau cadeau que j’aie jamais reçu. J’ai été profondément touchée que des gens aient pensé à ce besoin particulier. À ce moment-là, il m’était difficile d’accepter que j’avais besoin d’aide. C’est pourquoi ça demeure le cadeau le plus précieux que j’aie reçu. » 

Dans sa cuisine, Catherine nourrit sa fille qu’elle porte contre elle dans un porte-bébé.
Catherine et sa fille

S'affirmer dans son expérience de cancer

Après s’être remise de son opération, Catherine a insisté pour passer un test permettant d’analyser le profil génétique de sa tumeur.

Même si ce type d’analyse ne faisait pas partie de la pratique courante à l’époque, Catherine a insisté pour l’obtenir. Les résultats ont permis d’orienter ses traitements; elle a ainsi commencé une protonthérapie et une chimiothérapie.

L’année suivante, Catherine est déménagée près de sa famille afin de se rapprocher de ses parents. Elle souhaitait poursuivre le même protocole de traitement une fois installée. 

Après plusieurs discussions avec son équipe médicale, Catherine a finalement pu terminer son plan de traitement à Winnipeg.

Catherine est allongée dans son lit d’hôpital avec son fils blotti contre elle.
Catherine pendant son traitement 

Déjouer les pronostics

Depuis, Catherine passe une IRM tous les trois mois. En septembre 2024, une légère reprise de la croissance tumorale a été détectée, et son équipe médicale continue de la surveiller de près.

Le 24 juin 2026, Catherine a souligné les 13 ans écoulés depuis son diagnostic, soit plus du double de l’espérance de vie qui lui avait été annoncée au départ.

J’ai largement dépassé les prévisions des médecins, mais je dois garder espoir et avoir confiance.

« J’essaie de profiter pleinement de chaque journée. Peut-être vivrai-je assez longtemps pour que les chercheurs découvrent un traitement qui empêchera ce diagnostic d’être une condamnation à mort. » 

Au quotidien, Catherine mène une vie bien remplie en conciliant les études et les activités parascolaires de ses enfants. En 2025, elle a également accompagné son père après qu’il ait reçu un diagnostic de cancer de la prostate. Elle l’a soutenu lors de ses rendez-vous médicaux et a posé des questions en son nom afin de s’assurer qu’il bénéficie du meilleur plan de traitement possible. 

Catherine enlace sa fille lors d’une promenade au parc.
Catherine and her daughter today

Catherine prend aussi la parole lors d’événements, seule ou aux côtés de Craig, par l’intermédiaire du Speakers Bureau of Canada. Elle souhaite continuer à raconter son histoire afin de sensibiliser davantage de personnes au cancer du cerveau.

« Participer à The Amazing Race Canada en valait vraiment la peine. J’ai pu sensibiliser encore davantage le public à ce que nous pouvons faire pour améliorer les soins liés au cancer du cerveau et aider les personnes qui en sont atteintes à vivre plus longtemps. » 

« Si je suis en vie aujourd’hui, c’est parce que j’ai choisi de faire entendre ma voix. Je ne me considère pas comme une personne forte, mais je me considère comme courageuse. Je suis fière de continuer à défendre mes intérêts, ainsi que ceux des personnes que j’ai perdues. Je raconte mon histoire en leur honneur. » 

Catherine et son meilleur ami Craig sourient dans un stade, les bras l’un autour de l’autre, chacun avec un sac à dos.
Catherine et Craig lors de leur participation à The Amazing Race Canada 

Soutenir la recherche sur le cancer du cerveau

Aujourd’hui, Catherine contribue à faire avancer la recherche sur le cancer du cerveau par l’intermédiaire du comité des tumeurs cérébrales du Groupe canadien des essais sur le cancer, un important programme d’essais cliniques que la Société canadienne du cancer finance depuis plus de 40 ans.

Les options de traitement offertes aujourd’hui pour le cancer du cerveau sont pratiquement les mêmes que lorsque j’ai reçu mon diagnostic en 2013. Il est essentiel que nous continuions à financer la recherche afin d’améliorer les résultats pour les personnes atteintes d’un cancer du cerveau.

Catherine sait que les essais cliniques sur le cancer du cerveau peuvent être difficiles d’accès. Moins de personnes répondent souvent aux critères d’admissibilité et, en raison de la nature agressive de la maladie, la période pour s’y inscrire est souvent très courte. C’est pourquoi elle s’efforce de rendre ces essais plus faciles à comprendre et plus accessibles.

Elle espère qu’une information plus claire permettra à un plus grand nombre de personnes de participer aux essais cliniques et contribuera à faire progresser la recherche. 

« Nous avons besoin d’une découverte qui permettra aux personnes atteintes d’un cancer du cerveau d’avoir une meilleure qualité de vie et de passer plus de temps avec leur famille. Même six mois de plus représentent énormément de temps précieux auprès de ceux qu’on aime. »

En 2025, Catherine a participé au Sommet Découverte sur le glioblastome du Fonds Lundin pour la recherche contre le cancer et de la Société canadienne du cancer, qui a réuni les plus brillants chercheurs sur le cancer du cerveau afin d’élaborer une initiative de recherche collaborative pancanadienne.

Cette expérience l’a profondément inspirée, et elle espère que son point de vue contribuera à susciter des avancées qui permettront de prolonger et d’améliorer la vie des personnes atteintes d’un cancer du cerveau.

« Nous avons besoin d’une percée majeure dans la lutte contre le cancer du cerveau. Nous devons investir autant dans la recherche sur le cancer du cerveau que dans celle sur les autres types de cancer. C’est ainsi que nous ferons des découvertes. » 

Catherine regarde directement l’objectif, le menton appuyé sur ses mains.
 Je veux qu’il y ait de l’espoir pour la recherche sur le cancer du cerveau, mais cela ne sera possible que si nous unissons nos efforts. 
Catherine Wreford, atteinte de cancer 

Aidez-nous à créer un avenir sans cancer

Avec le soutien de lecteurs comme vous, nous pouvons continuer à faire une différence significative pour les personnes atteintes de cancer.

Nous sommes déterminés à augmenter les taux de survie, à freiner le cancer avant qu’il ne se développe et à améliorer des vies. Mais nous ne pouvons pas y arriver sans vous.

Si chaque personne qui lit ce message donnait seulement 5 $, nous pourrions atteindre notre objectif ce mois-ci pour financer les projets de recherche les plus prometteurs, offrir des services de soutien empreints de compassion et mener des activités de défense de l’intérêt public. Faites un don dès maintenant, car chaque contribution compte. Merci d’avance!