Traitement de soutien du myélome multiple

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Le traitement de soutien joue un rôle important dans le traitement du myélome multiple. On y a recours pour gérer les complications engendrées par le traitement et par le myélome multiple même. Ces complications peuvent comprendre la perte osseuse, un nombre peu élevé de cellules sanguines et des infections.

Médicaments aidant à accroître l’efficacité du traitement

Les corticostéroïdes administrés pour traiter le myélome multiple sont des hormones stéroïdes synthétiques. Les corticostéroïdes les plus souvent employés dans le traitement du myélome multiple sont la prednisone et la dexaméthasone. Ces médicaments sont souvent associés à une chimiothérapie ou à un traitement ciblé ou bien aux deux afin d’améliorer l’efficacité du traitement.

Les corticostéroïdes sont parfois employés seuls si une personne est trop malade pour recevoir un traitement, dans le but d’aider à ralentir la croissance des cellules myélomateuses et de réduire le nombre de protéines M dans le sang.

Les corticostéroïdes peuvent aussi contribuer au soulagement de la douleur et à l’amélioration de la fonction des nerfs chez les personnes ayant une compression de la moelle épinière.

Médicaments prévenant la perte osseuse

Le myélome multiple peut détruire les os, ce qui risque de les fragiliser et même de les briser (fracture).

Les bisphosphonates sont des médicaments capables de freiner la destruction osseuse et d’aider à garder les os forts et à réduire la douleur osseuse. Ils contribuent aussi à prévenir la hausse du taux de calcium dans le sang (hypercalcémie) engendrée par la destruction osseuse, qui peut mener à l’insuffisance rénale.

On administre les bisphosphonates toutes les 3 à 4 semaines pendant environ 2 ans. Les bisphosphonates les plus souvent employés pour le myélome multiple sont les suivants :

  • pamidronate;
  • acide zolédronique (Aclasta, Zometa).

Après 2 ans, si le cancer est en rémission ou si vous recevez un traitement d’entretien, on pourrait vous administrer des bisphosphonates moins souvent, comme une fois tous les 3 mois. La dose et la durée du traitement aux bisphosphonates dépendent de votre situation.

On peut avoir recours à un médicament appelé dénosumab (Prolia, Xgeva et médicaments biosimilaires) pour réduire le risque de problèmes osseux chez les personnes atteintes d’un myélome multiple. Il aide à ralentir ou à arrêter la perte osseuse. Le dénosumab est un anticorps monoclonal qui reconnaît une substance située à la surface des cellules osseuses, appelée RANKL, et s’y fixe. Le RANKL contribue à la dégradation des os. En ciblant et en bloquant le RANKL, on ralentit cette dégradation. On peut avoir recours au dénosumab plutôt qu’aux bisphosphonates si vos reins ne fonctionnent pas correctement.

Votre médecin peut aussi vous prescrire des suppléments de calcium et de vitamine D pour aider à renforcer vos os si vous ne faites pas d’hypercalcémie.

Consultez votre dentiste avant et pendant le traitement aux bisphosphonates ou au dénosumab

Les bisphosphonates et le dénosumab peuvent entraîner la mort du tissu osseux de la mâchoire, une affection appelée ostéonécrose de la mâchoire. C’est un effet secondaire rare de ces médicaments. L’ostéonécrose est plus courante chez les personnes qui ont une chirurgie dentaire comme l’extraction d’une dent ou une chirurgie périodontique (pose d’implants, par exemple) en cours de traitement aux bisphosphonates ou au dénosumab.

Un examen dentaire complet devrait être effectué avant la prise de bisphosphonates ou de dénosumab. Il faut également effectuer toute chirurgie dentaire ou périodontique avant la prise de bisphosphonates. Il est aussi très important de passer régulièrement un examen dentaire et de conserver une bonne hygiène buccodentaire quand on prend des bisphosphonates ou du dénosumab.

Apprenez-en davantage sur les bisphosphonates.

Médicaments prévenant la baisse du nombre de cellules sanguines

Il est fréquent que le nombre de globules rouges soit bas (anémie) chez les personnes atteintes d’un myélome multiple. Les facteurs de croissance érythrocytaire sont des médicaments qui aident le corps à fabriquer plus de globules rouges. Ces médicaments comprennent l’époétine alpha (Eprex) et la darbépoétine (Aranesp). Les facteurs de croissance érythrocytaire peuvent contribuer au soulagement des symptômes d’anémie, dont la faiblesse, les étourdissements et la fatigue. Ils font aussi augmenter le taux d’ hémoglobine dans le sang et améliorent la qualité de vie. Vous pouvez aussi recevoir un supplément de fer ou des transfusions de globules rouges pour aider à gérer l’anémie. Les facteurs de croissance érythrocytaire peuvent accroître le risque de caillots sanguins (thrombose), en particulier quand ils sont associés à des immunomodulateurs comme la lénalidomide.

Le myélome multiple et ses traitements peuvent réduire le nombre de globules blancs. On peut avoir recours aux facteurs de stimulation des colonies de granulocytes (G-CSF) pour activer la production de globules blancs. Cela raccourcit la période pendant laquelle le nombre de vos globules blancs est bas et réduit le risque d’infection. Les facteurs de croissance employés lors du traitement de soutien du myélome multiple peuvent comprendre le filgrastim (Neupogen, Grastofil) et le pegfilgrastim (Neulasta). Il est possible d’administrer ces médicaments par injection juste sous la peau (sous-cutanée) ou par une aiguille insérée dans une veine (intraveineuse).

Médicaments prévenant les infections

Le myélome multiple et son traitement peuvent affecter votre système immunitaire et accroître votre risque d’infections graves. On peut administrer des antibiotiques, comme la lévofloxacine, le sulfaméthoxazole/triméthoprime et l’acyclovir (Sitavig), pour prévenir et traiter des infections courantes telles que la pneumonie et l’herpes zoster (zona).

Afin de prévenir de graves infections bactériennes, vous pourriez aussi recevoir un traitement substitutif par immunoglobulines. Ce traitement permet d’accroître le taux sanguin d’immunoglobulines (aussi appelées anticorps) dans le but d’aider à combattre les infections. Pour en bénéficier, vous devez répondre à certains critères établis par votre province ou territoire. On l’administre habituellement sous forme de transfusion par une aiguille insérée dans une veine (immunoglobulines intraveineuses, ou IgIV).

Votre médecin pourrait aussi recommander la mise à jour de tous vos vaccins. On parle entre autres des vaccins contre l’influenza (grippe), la pneumonie et le zona. Il est également possible que vous deviez recevoir d’autres vaccins si vous avez reçu une greffe de cellules souches.

Les personnes atteintes d’un myélome multiple sont souvent gravement affectées par la COVID-19 et risquent davantage d’en mourir. On sait également que le vaccin contre la COVID-19 n’est pas aussi efficace chez ces personnes. Il est possible que votre médecin vous recommande de recevoir les doses de rappel dès que vous y êtes admissible dans votre province ou territoire. On pourrait aussi vous inciter à porter un masque de grande qualité et bien ajusté composé de multiples couches et à maintenir le plus possible une bonne distance avec les autres quand vous êtes dans un espace public intérieur. Si vous présentez des signes ou des symptômes de la COVID-19, faites un test d’autodépistage dès que possible. Consultez immédiatement votre médecin si vous avez la COVID-19 afin qu’il vous évalue en vue d’obtenir un traitement.

Plasmaphérèse

La protéine M est une immunoglobuline fabriquée en grande quantité chez une personne atteinte d’un myélome multiple. Une trop grande quantité de protéines M dans le sang peut le faire épaissir et l’empêcher de circuler correctement dans le corps. Cette affection porte le nom d’hyperviscosité.

La plasmaphérèse est une intervention qui aide à retirer les protéines M du sang de manière à traiter un épaississement du sang.

Questions à poser sur le traitement

Afin de prendre les bonnes décisions pour vous, posez des questions sur le traitement à votre équipe de soins. Pour obtenir des renseignements sur des médicaments spécifiques, consultez la section Sources d’information sur les médicaments.

Révision par les experts et références

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  • Anderson K, Ismaila N, Flynn PJ, et al. Role of bone-modifying agents in multiple myeloma: American Society of Clinical Oncology clinical practice guideline update. Journal of Clinical Oncology. 2018: 36(8):812–818.
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