Portrait

Comment le soutien financier et l’aide aux déplacements ont facilité le traitement du cancer du sein

Pendant 18 ans, Rita Pak était enseignante de sciences au secondaire et sensibilisait régulièrement ses élèves au cancer ainsi qu’à l’importance de l’autoexamen. Ces connaissances allaient plus tard jouer un rôle important dans sa propre vie.

En décembre 2024, Rita a découvert une masse dans son sein. À 44 ans, elle n’était pas admissible aux mammographies de dépistage systématique selon les lignes directrices provinciales. Elle a donc attendu quelque temps pour voir si la masse disparaîtrait d’elle-même. Cependant, en janvier 2025, elle était toujours bien présente. Rita a alors consulté son médecin de famille. En mars, elle a subi une mammographie et une échographie. Une biopsie a été réalisée le jour même et, moins d’une heure plus tard, elle apprenait qu’elle était atteinte d’un cancer du sein.

Rita Pak sur une plage après avoir perdu ses cheveux.
Rita Pak
J’avais seulement 44 ans lorsque j’ai découvert la masse et je n’étais donc pas encore admissible à une mammographie. C’est une bonne chose que les lignes directrices évoluent graduellement pour inclure les femmes dans la quarantaine au programme de dépistage régulier, parce qu’on détecte de plus en plus de cancers chez les femmes plus jeunes. Ce serait formidable qu’un dépistage annuel soit offert partout au pays à des personnes comme moi.

Son diagnostic a entraîné un plan de traitement qui s’est échelonné sur un an : une tumorectomie, six cycles de chimiothérapie, une mastectomie accompagnée d’une reconstruction mammaire, puis 15 séances de radiothérapie. Comme sa tumeur est positive aux récepteurs des œstrogènes et de la progestérone, Rita suivra également une hormonothérapie pendant cinq ans afin de réduire le risque de récidive.

« Je vivais déjà avec un problème de santé chronique depuis 12 ans. Cela m’a beaucoup appris sur la résilience et m’a préparée à naviguer dans le système de santé après mon diagnostic de cancer, raconte Rita. Nous sommes plus forts que nous le pensons. »

Se déplacer pour recevoir des traitements lorsqu’on vit dans une communauté éloignée

En 2021, Rita, son mari et leur fille de 12 ans ont quitté Toronto pour s’installer à Kimberley, en Colombie-Britannique – une petite ville dans l’Est des Kootenays. Leur famille appréciait ce mode de vie plus tranquille, mais l’éloignement est devenu une source de défis logistiques et financiers lorsque Rita a commencé ses traitements en 2025. Le centre de cancérologie le plus près se trouvait à Kelowna, à plus de 550 kilomètres. Pour s’y rendre à partir de Kimberley, il fallait effectuer un trajet aller-retour de 14 heures en voiture ou prendre des vols coûteux avec plusieurs correspondances.
Rita en compagnie de sa fille et de son mari, avec des arbres en arrière-plan.
Rita avec sa fille et son mari

Puisque de nombreux chirurgiens de Kelowna reçoivent leurs patients en dehors de l’hôpital en raison d’un manque de place, Rita devait souvent se déplacer d’un endroit à l’autre pour ses rendez-vous. Pour les personnes immunodéprimées comme Rita, les transports en commun ou les voyages en avion présentent de graves risques pour la santé.

« J’ai déjà pris le bus, mais souvent, selon comment je me sentais ce jour-là… je n’y arrivais tout simplement pas. Je n’avais pas l’énergie nécessaire pour trouver mon chemin dans un nouveau réseau de bus ou pour rester assise entourée de nombreuses personnes aux heures de pointe », explique Rita.

Heureusement, Rita a pu bénéficier d’une aide au transport grâce aux Roues de l’espoir, le programme de chauffeurs bénévoles de la Société canadienne du cancer (SCC). Elle a principalement utilisé ce service lors de ses déplacements à Kelowna pour faire la navette entre l’aéroport, le centre de cancérologie et ses autres rendez-vous médicaux.   

Ce n’est pas prudent de conduire quand on a les nerfs à fleur de peau, surtout pour aller se faire opérer. Cela aurait été très difficile sans les Roues de l’espoir.

Rita connaissait des personnes qui étaient prêtes à interrompre leur traitement parce que les déplacements étaient trop difficiles à gérer. 

« Vu les difficultés que peuvent poser les déplacements, certaines personnes pourraient choisir de ne pas suivre de radiothérapie simplement parce que c’est trop loin, explique-t-elle. Dans cette partie de la province, des gens arrêtaient littéralement leur traitement parce qu’ils ne pouvaient pas faire ce trajet en voiture. »

Le diagnostic de Rita n’était pas sa première expérience avec le cancer. Son père avait déjà souffert d’un cancer du nasopharynx. Elle connaissait les programmes et services de soutien généraux de la Société canadienne du cancer, et sa famille avait même commencé à faire des dons annuels à la SCC, mais elle n’avait pas exploré le site cancer.ca en détail avant d’en avoir elle-même besoin. Lorsqu’elle a commencé son traitement, le site Web est devenu sa ressource de référence, notamment pour obtenir des informations fiables. C’est là qu’elle a découvert la maison d’hébergement de Kelowna. 

Les maisons d’hébergement de la SCC sont des seconds chez-soi accueillants pour les personnes atteintes de cancer qui doivent se déplacer afin de recevoir leur traitement. Bien que le séjour initial de Rita n’ait duré que deux jours, elle a décrit la maison d’hébergement comme un environnement bienveillant où elle a tissé des liens solides avec les autres résidants. Le fait de vivre une expérience similaire leur a permis de s’ouvrir plus facilement et de nouer des liens affectifs.

« Aller à la maison d’hébergement m’a vraiment ouvert les yeux : j’ai eu le sentiment de faire partie d’une communauté. Nous avions tous des cancers différents et nous en étions tous à des étapes différentes de notre traitement, mais ce fut formidable de me sentir prise en charge, tant sur le plan physique que psychologique », confie Rita. 

Le fait que la maison d’hébergement de la SCC et le programme Roues de l’espoir prennent en charge une partie des coûts est tout simplement inestimable, car il y a déjà tant de choses à gérer.

Composer avec le coût des soins du cancer

En plus des difficultés logistiques liées au fait de vivre dans une région éloignée, Rita a également dû faire face à la pression financière engendrée par les dépenses à sa charge pour son traitement. Un rendez-vous de 10 minutes à Kelowna pouvait lui coûter environ 1000 $ en billets d’avion ou en essence pour un aller-retour de 1100 km, sans compter l’hébergement, la nourriture, la garde des enfants et la perte du salaire de son mari, seule source de revenus pendant son traitement, si celui-ci l’accompagnait.
Rita et son mari, debout dans une forêt.
Rita et son mari

S’ajoutant à l’énergie mentale et physique nécessaire pour faire face au cancer, le fardeau supplémentaire lié à la gestion des coûts, de la logistique et de la coordination des soins était écrasant.

Pour réduire une partie des frais à sa charge, Rita a trouvé de l’aide auprès du Fonds pour le transport aux traitements (FTT). Le programme FTT est mis en œuvre par l’intermédiaire des Services de voyage et d’hébergement pour les personnes atteintes de cancer (CTAAS) créés grâce à un financement du gouvernement de la Colombie-Britannique. En partenariat avec Hope Air, la Société canadienne du cancer contribue à réduire les frais de déplacement des personnes atteintes de cancer. Ensemble, nous facilitons les déplacements de ces personnes vers et depuis leurs rendez-vous médicaux afin qu’elles puissent bénéficier des soins et du soutien dont elles ont besoin.

Rita comptait sur Angel Flight East Kootenay, un service géré par des bénévoles qui transporte des patients à Kelowna trois fois par semaine. Cependant, lorsque Angel Flight affichait complet, elle s’est tournée vers Hope Air, un service affilié à la SCC qui propose des vols gratuits pour les rendez-vous médicaux. Le pilote l’a conduite à Kelowna, ce qui lui a permis d’éviter les vols commerciaux qui auraient nécessité des escales à Vancouver ou à Calgary. Ce soutien s’est avéré essentiel, tant sur le plan financier qu’émotionnel. Sans cela, elle aurait dû faire face à une journée entière de voyage et à un risque accru de contracter une maladie pendant son traitement. 

Aider une personne à rester suffisamment en bonne santé mentale pour prendre soin d’elle-même en lui proposant des services qui allègent son fardeau financier, en particulier pour les personnes vivant en milieu rural qui doivent effectuer un long trajet, ça change une vie.

Aujourd’hui, Rita est une survivante du cancer.

« Mon diagnostic a été bouleversant, car je pensais que j’étais encore à des décennies d’être à haut risque de cancer. Maintenant, je veux simplement mener une vie épanouie et me concentrer sur ce qui compte vraiment. »

Rita debout dans une forêt, un bâton de marche à la main, le sourire aux lèvres.
Rita

Aidez-nous à créer un avenir sans cancer du sein

Octobre est le Mois de la sensibilisation au cancer du sein, un moment important pour sensibiliser la population, financer la recherche sur le cancer et soutenir les personnes atteintes de la maladie. Nous estimons qu’au Canada, une femme sur huit devrait recevoir un diagnostic de cancer du sein au cours de sa vie. Vous pouvez nous aider à créer un meilleur avenir pour les personnes comme Rita.

La SCC finance un réseau d’aide national pour les personnes atteintes de cancer du sein et leurs proches aidants, offrant notamment des prothèses capillaires et mammaires gratuites, du transport vers les lieux de traitement et de l’hébergement pour les personnes qui doivent voyager afin de recevoir des soins.

Tout au long du mois d’octobre, la Société canadienne du cancer invite la population d’un bout à l’autre du pays à se mobiliser pour transformer l’avenir du cancer du sein en soutenant la recherche sur le cancer de calibre mondial et nos services de soutien empreints de compassion. En faisant un don, vous donnez de l’espoir et du soutien aux personnes qui font face au cancer et permettez des avancées essentielles dans les traitements.

Vous pouvez changer les choses dès aujourd’hui.

Rita Pak sur une plage après avoir perdu ses cheveux.
Aidez-nous à transformer l’avenir du cancer du sein pour des personnes comme Rita.
Rita Pak, survivante d’un cancer du sein

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