Portrait

Faire face au cancer du sein en tant que nouvelle arrivante au Canada

Un nouveau départ dans un nouveau pays

En 2019, Yasmeen Akhtar et ses trois enfants ont émigré du Pakistan vers le Canada. Parrainée par son mari, Yasmeen espérait améliorer leur quotidien grâce aux possibilités offertes par leur nouvelle patrie. Au Pakistan, Yasmeen était médecin, et elle était prête à commencer à exercer au Canada. Cependant, pour exercer la médecine au Canada, elle a dû reprendre tous ses examens, et la pandémie a entraîné des retards supplémentaires.

Yasmeen assise sur un fauteuil.
Yasmeen Akhtar

Yasmeen a passé cinq ans à obtenir les nouvelles qualifications pour exercer la médecine, à gérer des problèmes financiers et à relever les défis liés à un nouveau départ dans un autre pays. Au moment où Yasmeen était sur le point de reprendre sa carrière médicale, sa vie a pris un tournant inattendu.

En avril 2024, Yasmeen a découvert une masse dans son sein. Étant médecin, elle s’est inquiétée et a immédiatement essayé de prendre rendez-vous avec son médecin de famille. On lui a répondu qu’elle devait attendre plus d’un mois. Sachant que ce délai était trop long, elle s’est rendue le jour même dans une clinique sans rendez-vous.

Si j’avais dû attendre un mois pour obtenir un rendez-vous avec mon médecin de famille, je ne sais pas ce qui se serait passé. Je savais que je devais prendre les devants. On ne peut pas tergiverser quand il s’agit de sa santé.

Après une échographie et une biopsie, on lui a annoncé la mauvaise nouvelle : Yasmeen souffrait d’une forme rare et agressive de cancer du sein qui se propageait rapidement.

« Mon diagnostic a été dévastateur. Quand on est immigrant, on vient ici pour réaliser ses rêves, confie Yasmeen. J’ai travaillé très dur et j’étais sur le point de relancer ma carrière lorsque j’ai reçu mon diagnostic. Je suis passée d’un sentiment d’espoir à la consternation. Je ne pensais pas que j’allais m’en sortir ni retrouver une vie normale. »

Faire face aux défis du traitement

Les traitements de Yasmeen ont commencé presque immédiatement, avec une chimiothérapie. L’expérience s’est avérée extrêmement difficile. Le traitement l’a rendue très malade; elle a développé de graves réactions allergiques, a perdu ses cheveux et ses sourcils en quelques jours et a dû faire face à des effets secondaires intenses. Elle a dû interrompre la deuxième série de chimiothérapie, car son corps ne le supportait pas. Elle a alors commencé à craindre que son cancer ne s’aggrave.

Yasmeen allongée sur un lit d’hôpital, reliée à un appareil.
Yasmeen en cours de traitement

Yasmeen a ensuite subi une intervention chirurgicale, au cours de laquelle ses médecins ont découvert que le cancer s’était propagé à ses ganglions lymphatiques. Cela a nécessité une deuxième opération. L’incertitude, les risques, notamment la possibilité d’un lymphœdème, et les délais d’attente de plusieurs mois pour obtenir des rendez-vous ont été très difficiles à vivre.

« Je me suis dit : “Pourquoi ça m’est arrivé?” Je me sentais parfaitement bien et pleine d’énergie. Mon diagnostic a eu des répercussions sur moi, mais aussi sur toute ma famille. Je me souviens avoir commencé la chimiothérapie en me demandant : “Qu’est ce qui va se passer avec mes enfants, ma carrière?” », raconte Yasmeen.

En plus de ses problèmes de santé, Yasmeen a dû traverser cette période difficile sans ses proches à ses côtés. Elle comptait sur son mari, qui était déjà très occupé à s’occuper de leurs enfants et à travailler, lui qui était la seule source de revenus de la famille.

« Je ne voulais pas en parler aux membres de ma famille restés au pays. Qu’auraient-ils pu faire? Ils étaient si loin », confie Yasmeen.

Malgré tout, la famille de Yasmeen, tant sur place qu’au pays, l’a soutenue tout au long de son traitement. Elle est très reconnaissante du soutien de ses proches, de ses nouveaux amis au Canada qui ont cuisiné pour sa famille et l’ont aidée, ainsi que de son équipe soignante, qui a toujours su apaiser ses inquiétudes.

Yasmeen posant avec sa fille.
Yasmeen et sa fille

Trouver du réconfort grâce au programme Roues de l’espoir

La radiothérapie et la réadaptation pour traiter le lymphœdème ont fait partie du quotidien de Yasmeen pendant des mois. Comme elle ne pouvait pas conduire et que son mari travaillait, le coût des déplacements pour se rendre à ses séances de traitement est devenu un véritable casse-tête. Sa seule option consistait à prendre chaque jour, pendant plusieurs mois, un Uber à 45 $ depuis son domicile, situé au sud-ouest de Calgary, jusqu’au centre de cancérologie.

Le programme Roues de l’espoir de la Société canadienne du cancer a apaisé les inquiétudes de Yasmeen concernant les déplacements liés à son traitement. Des chauffeurs bénévoles l’ont accompagnée à ses rendez-vous et sont venus la chercher, ce qui lui a permis de se concentrer sur son rétablissement plutôt que sur les difficultés financières et logistiques.

« Mon mari est l’unique soutien de ma famille, donc mon diagnostic a été un véritable coup dur financier pour nous, explique Yasmeen. Avant de m’inscrire aux Roues de l’espoir, je devais payer un Uber qui me coûtait 45 $ pour me rendre de chez moi au centre de cancérologie. L’inscription à ce service a été très simple, et il a été facile de réserver les services de chauffeurs fiables. »

Les Roues de l’espoir m’ont vraiment facilité la vie. Je n’avais plus à me soucier du stationnement, de l’essence ou des déplacements […] Chaque fois que je prenais rendez-vous, le chauffeur m’attendait devant ma porte, sans jamais avoir une seule minute de retard.

La vie de Yasmeen après le cancer

Aujourd’hui, Yasmeen est libérée de son cancer. En août 2025, après un an et demi de traitement, elle a enfin achevé la phase de traitement actif. Son expérience du cancer l’a marquée mentalement et physiquement, mais elle en a également tiré une profonde gratitude envers sa famille et ses amis au Canada et au Pakistan, son équipe soignante, la gentillesse des bénévoles et le soutien de sa nouvelle communauté.

« Depuis la fin du traitement, je me sens très bien. Il y a certes quelques changements, mais je suis très reconnaissante de me sentir à nouveau plus normale. Je ressens encore un peu de fatigue, mais je suis heureuse de pouvoir recommencer à réaliser mes rêves et de retourner à mon travail. »

Yasmeen se tient à côté de son mari, une clochette à la main.
Yasmeen termine son traitement

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Au Canada, on estime qu’une femme sur huit recevra un diagnostic de cancer du sein au cours de sa vie, et nous avons besoin de votre soutien continu pour leur permettre de profiter pleinement de la vie plus longtemps. Octobre est le Mois de la sensibilisation au cancer du sein, une période importante pour informer le public, contribuer au financement de la recherche sur le cancer et soutenir les personnes qui en sont atteintes.

La Société canadienne du cancer offre un réseau national de soutien empreint de compassion destiné aux personnes atteintes d’un cancer du sein et à leurs proches aidants. Ce réseau propose notamment des prothèses capillaires et des accessoires mammaires gratuits, un service de transport vers les lieux de traitement ainsi que des maisons d’hébergement pour les personnes qui doivent se déplacer pour recevoir des soins.

Les projets de recherche que finance la SCC contribuent à améliorer des vies aujourd’hui et à transformer l’avenir du cancer. En faisant un don, vous apportez de l’espoir et du soutien aux personnes atteintes de cancer, et vous contribuez à la découverte de traitements novateurs qui sauvent des vies.

Vous pouvez contribuer à changer la vie de personnes comme Yasmeen.

Yasmeen assise sur un fauteuil.

Grâce à la recherche, il y aura peut-être à l’avenir de meilleurs traitements pour les personnes comme moi.

Yasmeen Akhtar, survivante d’un cancer du sein

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