Communiqué de presse

La Société canadienne du cancer réclame le début du dépistage du cancer colorectal à 45 ans 

OTTAWA, ON –

La Société canadienne du cancer (SCC) appelle les provinces et territoires à abaisser à 45 ans l’âge d’admissibilité aux programmes organisés de dépistage du cancer colorectal pour les personnes exposées à un risque moyen, au lieu de l’âge actuel de 50 ans. La SCC presse aussi le gouvernement du Québec à déployer un programme de dépistage du cancer colorectal, cette province étant la seule sans dépistage organisé. Cet appel est lancé devant l’accumulation de données probantes confirmant que le cancer colorectal frappe davantage d’adultes plus jeunes au Canada. 

Depuis quelques décennies, l’incidence du cancer colorectal a augmenté considérablement chez les personnes de moins de 50 ans au Canada, la probabilité d’un diagnostic étant désormais de 2 à 2,5 fois plus grande que pour les générations précédentes du même âge. Une modélisation récente (En anglais seulement) publiée cette semaine par des chercheurs canadiens indique qu’avec cette tendance croissante, il y aurait 15 000 cas de cancer colorectal de moins et 6100 décès de moins dans les 45 prochaines années si le dépistage commençait à l’âge de 45 ans.   

La recherche révèle aussi que les diagnostics de cancer colorectal avancé, surtout de stades 3 ou 4, sont plus fréquents chez les adultes plus jeunes. Les taux de survie à un cancer colorectal de stade initial sont de 90 %, mais chutent à moins de 15 % pour une maladie décelée à un stade avancé. L’accès au dépistage est essentiel afin que l’on puisse trouver plus de cancers tôt, lorsque le traitement est plus efficace, ou même les repérer quand ils sont encore au stade précancéreux et évitables.  

« Les lignes directrices actuelles sur le dépistage du cancer colorectal ne répondent pas aux nouveaux besoins des personnes de moins de 50 ans, dit David Raynaud, gestionnaire principal, Défense de l’intérêt public à la SCC. Quand le contexte change, nos systèmes de soins de santé doivent changer en conséquence. Nous exhortons les provinces et territoires à répondre à ces données probantes en abaissant l’âge de dépistage. Ce changement sauvera plus de vies. » 

Le cancer colorectal est au quatrième rang des cancers les plus diagnostiqués au Canada, et est la deuxième cause de décès lié au cancer dans la population canadienne, après le cancer du poumon. On estime que d’ici 2030, environ 15 % des cas de cancer colorectal dans le monde seront diagnostiqués chez des adultes de moins de 50 ans. Le dépistage du cancer colorectal est un processus à la fois simple et accessible. Cela commence par une analyse des selles, aussi appelée test immunochimique de recherche de sang occulte dans les selles (RSOSi), pour vérifier la présence de sang dans les matières fécales.   

Wylie Butler est très interpellé par l’abaissement de l’âge de début du dépistage, ayant lui-même reçu un diagnostic de cancer colorectal à 48 ans. Père actif de deux enfants, Wylie a ignoré des saignements occasionnels pendant des mois, les jugeant mineurs. Lorsqu’il a fini par consulter un médecin, il souffrait d’un cancer avancé qui a nécessité trois interventions chirurgicales, a entraîné un difficile épisode de sepsie et l’a empêché des mois durant de travailler et de pratiquer les activités qu’il adorait. 

« Je n’avais jamais imaginé qu’un cancer colorectal pouvait m’arriver, dit Wylie. Je ne me rendais pas compte de la gravité de ces premiers symptômes. Si le dépistage avait commencé à 45 ans pour moi, peut-être que le cancer aurait été détecté plus tôt et que certaines des complications auraient été évitées. » 

Aujourd’hui en rémission, Wylie croit qu’une détection plus précoce pourrait changer les issues pour d’autres personnes. 

« J’ai été chanceux, mais on ne devrait pas se fier à sa bonne étoile. Avec un dépistage à un plus jeune âge, on a une chance qu’un cancer colorectal soit décelé avant l’apparition de symptômes. Et si le cancer est décelé tôt, on a un meilleur pronostic et de meilleures chances de vivre. » 

Améliorer la survie au cancer grâce à des mesures gouvernementales 

Face aux tendances montrant une hausse de l’incidence du cancer colorectal dans les populations plus jeunes, il incombe aux provinces et aux territoires de réviser l’âge de début du dépistage et de mettre à jour les lignes directrices des programmes de dépistage du cancer colorectal. Au Canada, des programmes organisés de dépistage sont offerts presque partout pour les personnes de 50 à 74 ans exposées à un risque moyen, et des programmes de dépistage sont annoncés ou prévus au Nunavut et au Québec. À l’heure actuelle, aucun gouvernement n’a annoncé de plans pour élargir l’admissibilité au dépistage à la lumière des nouvelles données probantes. 

« En offrant ces programmes de dépistage essentiels, les gouvernements provinciaux et territoriaux reconnaissent l’importance d’une détection précoce du cancer. S’assurer que toutes les personnes au pays aient accès à un programme organisé et rendre ces programmes plus accessibles à plus de personnes en abaissant l’âge de dépistage est une prochaine étape cruciale, dit David Raynaud. Les gouvernements doivent maintenant réagir vite et corriger le tir, en veillant à ce que les programmes aient la capacité requise pour répondre à la demande accrue. » 

Les programmes de dépistage ont besoin de ressources suffisantes pour assurer un accès équitable, en temps opportun, en particulier aux communautés mal desservies qui sont déjà confrontées à des obstacles aux soins préventifs. La SCC exhorte les provinces et territoires à fournir des ressources suffisantes pour que les programmes puissent atteindre les taux de participation cibles, y compris à investir dans le personnel de soins de santé pour répondre efficacement à mesure que l’admissibilité s’élargit.  

Changer la trajectoire du cancer colorectal au Canada ne sera réalisable que par une action globale. La SCC recommande d’accorder la priorité aux domaines suivants pour optimiser l’accès au dépistage du cancer colorectal: 

  • investir dans la recherche;  

  • améliorer la collecte de données;  

  • élaborer des lignes directrices et des programmes de dépistage pour les personnes à haut risque; 

  • mettre à jour les critères d’admissibilité pour les personnes exposées à un risque moyen, incluant l’âge; 

  • améliorer les programmes de dépistage du cancer colorectal; 

  • accroître la sensibilisation; 

  • joindre les communautés mal desservies; 

  • investir dans le personnel de soins de santé.  

Le Groupe d’étude canadien sur les soins de santé préventifs a effectué sa dernière mise à jour des lignes directrices nationales sur le dépistage du cancer colorectal en mars 2016 et est censé reprendre ses activités en avril 2026. La SCC accueille favorablement le dialogue continu et encourage le Groupe d’étude, à son retour, à réviser et à évaluer en priorité les recommandations désuètes en matière de dépistage du cancer pour s’assurer que les orientations nationales reflètent les plus récentes données probantes. 

Visitez cancer.ca pour en savoir plus sur les mesures que nous recommandons et sur notre travail de défense de l’intérêt public. 

Citations 

« En tant que survivant d’un cancer du côlon métastatique et au nom de Cancer colorectal Canada, j’appuie pleinement la position de la Société canadienne du cancer sur le dépistage du cancer colorectal. Le cancer colorectal est la deuxième cause de décès par cancer au Canada et l’un des cancers dont l’incidence augmente le plus rapidement chez les personnes de moins de 50 ans. Alors que les cas de cancer colorectal à début précoce sont en hausse, les provinces et les territoires doivent agir dès maintenant pour abaisser l’âge du dépistage à 45 ans afin qu’un plus grand nombre de personnes au pays puissent bénéficier de la détection précoce et de la prévention. 

Toutefois, l’abaissement de l’âge du dépistage à lui seul ne suffit pas. Les gouvernements doivent mettre en œuvre des programmes de dépistage organisés, les financer adéquatement et veiller à ce qu’au moins 60 % de la population admissible y participe en temps opportun. Cela nécessite de renforcer la capacité du système, d’investir dans la recherche, d’améliorer la collecte de données pancanadiennes et d’harmoniser, à l’échelle du pays, les lignes directrices fondées sur des données probantes en matière de dépistage pour les personnes présentant un risque moyen ou élevé. La détection précoce sauve des vies, et nous devons agir maintenant pour garantir que chaque personne admissible au Canada ait accès au dépistage du cancer colorectal. » 

— Barry D. Stein, président et chef de la direction, Cancer Colorectal Canada 

« Ce qui rend l’incidence croissante de cancer colorectal chez les adultes plus jeunes si alarmante, ce n’est pas juste la tendance des données. C’est ce que cette tendance représente pour le vrai monde. Des diagnostics sont posés chez plus de personnes au Canada à des âges où on s’attend le moins au cancer, dans bien des cas avant le début du dépistage systématique. En tant que chercheurs, nous devons absolument continuer de surveiller ces schémas à l’échelle provinciale et nationale pour mieux comprendre ce qui les alimente. Plus nous comprenons clairement qui est touché et pourquoi, plus nous sommes en position de mettre en œuvre des stratégies qui peuvent réduire les répercussions de cette maladie. » 

— Darren Brenner, Ph. D., professeur aux Départements d’oncologie et des sciences de la santé communautaire, Université de Calgary 

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Fatou Thiam 
Gestionnaire, Communications 
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