Dépistage du cancer colorectal

L’importance du dépistage

Le cancer colorectal est la deuxième cause de décès par cancer chez les hommes et la troisième chez les femmes au Canada. La détection précoce améliore considérablement les issues. Lorsque le cancer colorectal est détecté tôt, le taux de survie est d’environ 90 %, comparativement à moins de 15 % lorsqu’il est diagnostiqué à un stade avancé. Le dépistage permet de détecter ce type de cancer lorsqu’il est plus facile à traiter et peut aussi permettre de repérer des polypes précancéreux avant qu’ils ne deviennent cancéreux. 

Cependant, l’accès au dépistage n’est pas égal. De nombreuses communautés mal desservies — notamment les Premières Nations, les Inuits, les Métis, les personnes à faible revenu, les personnes nouvellement arrivées au pays, ainsi que les communautés rurales, éloignées et racisées — font face à des obstacles à la participation aux programmes de dépistage du cancer colorectal.

Abaisser l’âge minimal du dépistage et renforcer les programmes permettra de réduire les iniquités et de s’attaquer à la hausse des taux de cancer colorectal chez les adultes. 

Ce que nous faisons en ce moment

La SCC exhorte les provinces et les territoires à abaisser à 45 ans l’âge de début des programmes de dépistage du cancer colorectal pour les personnes présentant un risque moyen, tout en veillant à ce que ces programmes soient inclusifs, accessibles et bien dotés en ressources. Cette demande répond à l’augmentation marquée des taux de cancer colorectal chez les personnes de moins de 50 ans au Canada, la probabilité de développer un cancer colorectal étant de 2 à 2,5 fois plus élevée que chez les générations précédentes au même âge. 

Les programmes de dépistage ont besoin de ressources suffisantes pour assurer un accès rapide et équitable, en particulier pour les communautés mal desservies qui font déjà face à des obstacles aux soins préventifs. La SCC exhorte les administrations à fournir les ressources nécessaires afin que les programmes existants puissent atteindre leurs cibles de participation, notamment en investissant dans la main-d’œuvre en santé pour répondre efficacement à l’élargissement de l’admissibilité.  

Notre position

Il faut mener plus d’études afin de mieux comprendre le risque de cancer colorectal ainsi que le dépistage de la maladie. Les gouvernements et les bailleurs de fonds devraient investir dans des projets de recherche visant à améliorer le dépistage du cancer colorectal par les moyens suivants :  

  • comprendre et réduire les obstacles au dépistage du cancer colorectal;  
  • trouver de meilleurs moyens d’accroître la participation au dépistage;  
  • approfondir les recherches sur les causes de l’évolution des tendances épidémiologiques du cancer colorectal, en particulier l’augmentation de l’incidence chez les jeunes adultes de moins de 50 ans. Les investissements dans la recherche sur la génétique, l’environnement, les modes de vie et la détection précoce sont essentiels pour répondre à cette préoccupation croissant;  
  • trouver des moyens novateurs de détecter le cancer colorectal tôt;  
  • améliorer la manière dont les personnes admissibles s’inscrivent au dépistage, y sont invitées et reçoivent des rappels, notamment en jumelant des approches de sensibilisation et des méthodes numériques, par exemple des notifications par message texte ou des applications mobiles qui protègent la vie privée.  
  • améliorer la façon de prévoir le risque individuel de cancer colorectal et trouver de meilleurs moyens de dépister la maladie en fonction du niveau de risque de chaque personne;  
  • améliorer la détection précoce, le diagnostic et le traitement, en particulier pour les communautés qui sont mal desservies.  
  • investir dans les recherches visant à déterminer les intervalles optimaux pour la surveillance des polypes.  
  • trouver des moyens d’améliorer l’accès et de réduire les délais pour les personnes en attente d’un dépistage dans les régions rurales;  
  • mener davantage de recherches sur les stratégies de suivi optimales et les promouvoir auprès des médecins.  

Les données sont essentielles pour exercer la surveillance de la santé d’une population, améliorer la qualité et la prestation des soins de santé, et éclairer la recherche et la pratique. On trouve d’importantes avenues en ce sens dans la stratégie pancanadienne de données sur le cancer (notamment la collecte de données raciales) ainsi que dans la Charte pancanadienne des données sur la santé. En l’absence de données, il est difficile d’évaluer l’impact du dépistage sur le fardeau du cancer, de cerner les possibles secteurs d’inefficacité du programme et de comparer les résultats entre les provinces et les territoires. Le gouvernement fédéral devrait travailler de concert avec les provinces, les territoires et les autres entités qui recueillent et utilisent des données afin de: 

  • déterminer les secteurs où il est possible d’améliorer les données sur le dépistage du cancer colorectal;  
  • recueillir des données qui combleront les lacunes en matière de dépistage du cancer colorectal, notamment par la collecte de données axées sur l’équité dans tout le continuum des actions contre le cancer;  
  • relier les bases de données en vue de surveiller le dépistage du cancer colorectal au Canada, de l’évaluer et d’en faire rapport.  

Les lignes directrices relativement à la définition et au dépistage des personnes qui présentent un risque accru ou élevé de cancer colorectal varient d’une province à l’autre. La Société canadienne du cancer demande au gouvernement fédéral d’élaborer des lignes directrices pour le dépistage du cancer colorectal chez les personnes qui présentent un risque accru ou élevé de développer la maladie. Ces lignes directrices devraient :  

  • définir clairement quelles sont les personnes qui présentent un risque moyen, accru et élevé de cancer colorectal;  
  • fournir des recommandations claires sur le dépistage des personnes dont le risque de cancer colorectal est moyen, accru ou élevé;  
  • recommander des outils qui permettent d’établir les niveaux de risque et qui sont faciles d’accès et d’utilisation;  
  • encourager les professionnels de la santé à discuter des avantages et des limites du dépistage avec les personnes concernées tout en tenant compte de leurs valeurs et de leurs préférences afin de faciliter la prise de décisions à propos du dépistage, et soutenir les professionnels de la santé dans ce processus;  
  • comporter un plan afin de garantir que les lignes directrices sont communiquées aux professionnels de la santé et aux personnes admissibles au dépistage du cancer colorectal. Créer un groupe de travail ou de surveillance pancanadien afin de marquer des progrès dans ce domaine;  
  • sensibiliser le public aux facteurs de risque et à l’identification des personnes considérées comme présentant un risque moyen, accru ou élevé de cancer colorectal;  
  • veiller à ce que les lignes directrices destinées aux personnes présentant un risque élevé décrivent et encouragent également le dépistage d’autres tumeurs malignes ou affections héréditaires associées;  
  • veiller à ce que les personnes présentant un risque élevé de cancer colorectal soient renseignées sur la manière de gérer leur risque.  

Les provinces et les territoires ont la responsabilité de revoir et d’actualiser les lignes directrices de leur programme de dépistage du cancer colorectal, notamment l’âge pour le début et la fin du dépistage. La Société canadienne du cancer demande aux provinces et aux territoires de :  

  • revoir et d’actualiser leurs lignes directrices en matière de dépistage du cancer colorectal, de sorte qu’elles soient en phase avec les études les plus récentes et l’évolution de l’environnement des soins de santé;  
  • mettre en route des programmes organisés de dépistage du cancer colorectal à partir de 45 ans pour les personnes présentant un risque moyen;  
  • permettre l’accès direct au dépistage du cancer colorectal au moyen du test de RSOS sans avoir besoin de la recommandation de professionnels de la santé, plus précisément au Nunavut, dans les Territoires du Nord-Ouest, en Colombie-Britannique, au Québec, au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse. Veiller à ce qu’un suivi approprié soit en place pour la clientèle orpheline (sans médevcin de famille) et qui accèdent directement au dépistage;  
  • permettre aux personnes qui ont 75 ans ou plus de poursuivre le dépistage du cancer colorectal, si cela est opportun sur le plan clinique.  

Les provinces et les territoires ont la responsabilité de comprendre leurs populations et d’adapter les programmes de dépistage du cancer colorectal à leurs besoins. La Société canadienne du cancer demande aux provinces et aux territoires de voir à :  

  • mettre pleinement en œuvre un programme organisé de dépistage du cancer colorectal dans les provinces et les territoires qui n’en ont pas ou qui n’en ont mis un en place que partiellement (Québec et Nunavut);  
  • investir dans des ressources supplémentaires et dans la capacité du système afin de permettre le début du dépistage à un âge plus précoce, d’augmenter la participation globale au programme et de garantir un accès sans obstacle au dépistage à toutes les personnes admissibles;  
  • consigner les antécédents familiaux (cancer colorectal et polypes) dans le cadre des soins de première ligne, en particulier chez les jeunes adultes, afin de mieux orienter le dépistage et la recommandation d’une évaluation des risques;  
  • fournir l’accès à un professionnel de la santé dans le cadre des programmes de dépistage pour aider les personnes concernées à comprendre les avantages et les limites du dépistage et à discuter de leur santé globale, de leur risque personnel, de leurs valeurs et de leurs préférences;  
  • constituer des rapports détaillés sur les méthodes d’intervention en matière de dépistage afin de voir quelles interventions sont les plus efficaces à l’échelle locale pour accroître les taux de participation au dépistage du cancer colorectal;  
  • soutenir les professionnels de la santé dans le processus de discussion des avantages et des limites du dépistage avec les personnes concernées, compte tenu de leurs valeurs et de leurs préférences, afin de faciliter la prise de décisions à propos du dépistage du cancer colorectal;  
  • impliquer les personnes concernées, en particulier celles qui proviennent de communautés mal desservies, lors de l’élaboration de lignes directrices afin d’éliminer les obstacles et de fournir des soins qui tiennent compte des traumatismes et qui sont plus respectueux des valeurs culturelles;  
  • créer un processus pour évaluer les outils et méthodes de détection précoce du cancer colorectal en émergence;  
  • investir dans des ressources visant à améliorer la capacité du système à fournir un accès rapide à la coloscopie diagnostique et à l’orientation vers des interventions chirurgicales et médicales;  
  • étudier la création d’un volet du programme de dépistage qui ciblerait et comblerait les besoins des personnes présentant un risque élevé de cancer colorectal. 

Les provinces et les territoires doivent travailler de concert avec les professionnels de la santé et les organismes de santé pour sensibiliser la population au risque de cancer colorectal et au dépistage précoce. La Société canadienne du cancer demande aux provinces et aux territoires de :  

  • joindre la population en vue du dépistage à partir au moyen de différentes méthodes dont l’efficacité a été démontrée, comme l’envoi de lettres directement aux personnes concernées ou d’autres moyens privilégiés par une communauté en particulier;  
  • faire parvenir des lettres (par courrier électronique ou par la poste) pour rappeler la fréquence des examens de dépistage aux personnes y ayant déjà participé;  
  • investir dans des stratégies liées à la demande au sein de la communauté, à l’accès et à la prestation des services par les professionnels de la santé afin d’améliorer les taux de dépistage du cancer colorectal et de s’assurer que ces stratégies tiennent compte des divers facteurs qui influencent le dépistage, soit les comportements, la sensibilisation, la stigmatisation, l’éducation et l’accessibilité;  
  • proposer des stratégies élargies de dépistage et de recrutement, notamment l’orientation vers d’autres programmes de dépistage et les sites Web des programmes de dépistage, ainsi que la distribution de trousses de RSOS lors d’événements publics et dans les pharmacies pour les personnes qui n’ont pas facilement accès à un professionnel de la santé attitré;  
  • fournir de l’information complète et facile à comprendre sur les avantages et les limites du dépistage à l’aide de chiffres, d’infographies et d’un langage simple. Adapter le matériel aux différents groupes et le fournir dans différentes langues et différents formats;  
  • fournir aux professionnels de la santé des outils et des ressources utiles pour discuter avec les personnes concernées du risque de cancer colorectal et du dépistage;  
  • mettre sur pied une campagne pancanadienne de sensibilisation au dépistage du cancer colorectal en mettant à profit des plateformes publiques, des événements sociaux en présentiel, des plateformes médiatiques et des plateformes d’information nationales;  
  • sensibiliser les professionnels de la santé au dépistage et aux tests génétiques pour les personnes ayant des antécédents familiaux ou une prédisposition génétique au cancer colorectal;  
  • utiliser la technologie pour accroître la participation du public aux programmes de dépistage du cancer colorectal. Cela peut inclure des plateformes numériques en ligne faciles à utiliser, permettant de prendre rendez-vous pour des tests, d’accéder à des ressources éducatives et de suivre l’état du dépistage.  

Les communautés qui sont mal desservies sont confrontées à des obstacles lorsque vient le temps d’accéder et de participer au dépistage du cancer colorectal. La Société canadienne du cancer demande aux provinces et aux territoires de :  

  • reconnaître les besoins propres à chaque communauté et mettre en œuvre des stratégies adaptées pour répondre à leurs besoins et préoccupations particuliers. Par exemple, utiliser des cliniques mobiles et la télésanté dans les régions rurales, éloignées et mal desservies pour informer la population et distribuer des troussesnde RSOS;  
  • utiliser des approches de dépistage du cancer colorectal qui sont adaptées, respectueuses des valeurs culturelles et réactives afin de répondre aux besoins des diverses populations. En voici quelques exemples : établir des partenariats avec des organisations locales, des conseils de bande, des centres communautaires et des membres de la communauté dignes de confiance, tels que des intervenants en santé communautaire, des pairs éducateurs, des intervenants pivots parlant la langue en usage ainsi que des aînés, afin de sensibiliser la population au dépistage, de déconstruire les mythes qui l’entourent et d’e faciliter l’orientation et la réalisation des tests;  
  • concevoir conjointement des approches adaptées et culturellement pertinentes afin d’améliorer l’accès et le recours aux interventions de dépistage du cancer colorectal qui correspondent aux besoins, aux priorités et aux infrastructures spécifiques des communautés des Premières Nations, des Inuits et des Métis;  
  • financer la formation des professionnels de la santé en dehors de leur champ d’activité habituel afin qu’ils puissent pratiquer des coloscopies et des sigmoïdoscopies par tube souple pour desservir les personnes vivant dans des régions éloignées;  
  • accorder un financement accru afin d’accroître la participation au dépistage du cancer colorectal dans les communautés mal desservies.  

Les professionnels de la santé jouent un rôle crucial pour élargir l’accès et accroître la participation au dépistage du cancer colorectal. La Société canadienne du cancer demande aux provinces et aux territoires ce qui suit :  

  • évaluer le nombre de techniciens de laboratoire et de personnel de soutien nécessaires dans les laboratoires pour effectuer davantage d’analyses de RSOS avec l’abaissement de l’âge de dépistage, y compris le nombre d’endoscopistes nécessaires pour les coloscopies de suivi et le personnel affecté au programme de dépistage. Cela peut inclure l’augmentation du nombre d’inscriptions dans les programmes universitaires et collégiaux ainsi que des postes de placement et de formation pour le personnel occupant des fonctions connexes. Veiller à ce qu’un soutien financier, y compris des bourses d’études, soit offert afin de réduire les obstacles à l’inscription;  
  • encourager les professionnels de la santé à participer à des activités de perfectionnement professionnel continu ou à des programmes d’accréditation par l’intermédiaire de l’Association canadienne de gastroentérologie afin d’améliorer leurs compétences et leurs connaissances en matière d’interventions de dépistage du cancer colorectal;  
  • collaborer avec le Collège des médecins de famille du Canada et d’autres organismes de réglementation afin de promouvoir la formation médicale continue et de sensibiliser les professionnels de la santé au dépistage du cancer colorectal;  
  • investir dans des intervenants pivots formés pour aider les personnes, en particulier celles issues de communautés sous-dépistées, tout au long du processus de dépistage;  
  • augmenter les investissements dans les ressources cliniques et administratives afin de gérer efficacement la charge de travail et de soutenir la mise en œuvre de stratégies visant à accroître la participation au dépistage;  
  • tirer parti de l’expertise des professionnels de la santé, tels que les infirmières, les infirmières praticiennes et les infirmières pivots, pour aider les personnes qui ne sont pas suivies et les aider à s’orienter vers les services appropriés;  
  • financer les efforts en matière d’équité, de diversité et d’inclusion, les stratégies de fidélisation, ainsi que les mesures de soutien et les incitatifs, en particulier pour le personnel des programmes et les professionnels de la santé des communautés rurales, éloignées et mal desservies qui participent au dépistage du cancer colorectal;  
  • surveiller et utiliser les données relatives au personnel chargé du dépistage du cancer colorectal afin de planifier les besoins futurs en matière d’investissement et de formation.  

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