Curage ganglionnaire pelvien

Le curage ganglionnaire pelvien est une chirurgie pratiquée pour enlever les ganglions lymphatiques du bassin. Le curage ganglionnaire pelvien porte aussi le nom de lymphadénectomie pelvienne, lymphadénectomie ilio-inguinale ou curage inguinal profond.

Les ganglions lymphatiques du bassin sont situés le long des artères iliaques internes, externes et communes (les principaux vaisseaux sanguins qui apportent le sang à la partie inférieure de l’abdomen et au tronc). Il existe 3 principaux groupes de ganglions pelviens :

  • les ganglions lymphatiques iliaques internes;
  • les ganglions lymphatiques iliaques externes;
  • les ganglions lymphatiques iliaques communs

Les ganglions lymphatiques font partie du système lymphatique. Le système lymphatique aide à combattre les infections et se compose de vaisseaux lymphatiques, de la lymphe, de ganglions lymphatiques, de la moelle osseuse et d’organes lymphatiques (le thymus, les végétations adénoïdes, les amygdales et la rate).

Les vaisseaux lymphatiques sont de très minces tubes semblables à des vaisseaux sanguins. Ils recueillent la lymphe et l’évacuent des tissus pour la faire circuler jusqu’aux ganglions lymphatiques, qui sont de petits organes de tissu lymphatique en forme de haricot. La lymphe peut faire circuler les cellules cancéreuses de l’emplacement où le cancer a pris naissance jusqu’aux ganglions lymphatiques.

La lymphe provenant des organes du bassin s’écoule vers les ganglions pelviens. La lymphe peut faire circuler les cellules cancéreuses de ces emplacements jusqu’aux ganglions pelviens. Les cancers de la vessie et de la prostate se propagent le plus couramment vers les ganglions lymphatiques du bassin. Le cancer peut aussi se propager aux ganglions pelviens à partir des organes et tissus suivants :

  • vésicules séminales (glandes situées de chaque côté de la prostate, qui produisent le sperme);
  • urètre (tube qui fait circuler l’urine de la vessie à l’extérieur du corps);
  • ovaires, utérus (matrice), col de l’utérus et vagin;
  • testicules;
  • pénis;
  • paroi abdominale inférieure;
  • rectum;
  • anus;
  • périnée (région entre l’anus et le scrotum chez l’homme, ou entre l’anus et le vagin chez la femme);
  • ganglions inguinaux (ganglions lymphatiques situés dans l’aine).

Pourquoi on fait un curage ganglionnaire pelvien

On fait un curage ganglionnaire pelvien pour:

  • vérifier la présence de cancer dans les ganglions lymphatiques du bassin;
  • savoir combien de ganglions lymphatiques contiennent des cellules cancéreuses et connaître l’étendue de la propagation du cancer vers ces ganglions ainsi que la taille des ganglions lymphatiques;
  • enlever les ganglions lymphatiques qui contiennent des cellules cancéreuses;
  • enlever les ganglions lymphatiques quand il y a un risque élevé que le cancer s'y propage;
  • réduire le risque de réapparition, ou récidive, du cancer;
  • retirer le cancer qui est encore dans les ganglions lymphatiques après une radiothérapie ou une chimiothérapie;
  • aider les médecins à planifier d’autres traitements.

Comment on fait un curage ganglionnaire pelvien

On fait le curage ganglionnaire pelvien sous anesthésie générale en salle d'opération d'un hôpital. Un curage ganglionnaire pelvien peut être réalisé en effectuant une large incision (méthode ouverte) ou une laparoscopie (technique laparoscopique).

Le chirurgien fait une coupure (incision) dans l’abdomen et enlève les ganglions pelviens. Les ganglions lymphatiques et tous les autres tissus enlevés lors de la chirurgie sont expédiés au laboratoire afin d’être examinés par un médecin spécialisé dans les causes et la nature des maladies (pathologiste).

Après avoir enlevé les ganglions lymphatiques, le chirurgien insère un petit tube (drain) et ferme l’incision à l’aide de points de suture ou d’agrafes. Il fixe un sac de drainage à l’extrémité du tube afin de recueillir le liquide qui s’écoule de la région, ce qui réduit le risque d’accumulation de liquide dans le tissu et favorise la cicatrisation. On laisse le drain en place pendant quelques semaines ou jusqu'à ce que l'écoulement soit léger ou qu’il n’y ait plus d’écoulement.

Les personnes à qui on a fait un curage ganglionnaire pelvien retournent habituellement à la maison de 3 à 7 jours après la chirurgie. Il est possible qu’on vous donne:

  • des antibiotiques pour prévenir les infections;
  • des médicaments antidouleur;
  • des directives sur les soins à apporter à la plaie et sur les pansements;
  • des renseignements sur la façon de gérer le sac de drainage et le tube (drain);
  • des conseils sur la quantité et le type d’activités que vous pouvez pratiquer après la chirurgie;
  • un rendez-vous de suivi pour rencontrer le chirurgien 1 ou 2 semaines plus tard;
  • des renseignements sur les symptômes et les effets secondaires que vous devriez mentionner.

Effets secondaires

Les effets secondaires peuvent se manifester n’importe quand pendant, tout de suite après ou quelques jours, voire quelques semaines après le curage ganglionnaire pelvien. Il arrive parfois que des effets secondaires apparaissent des mois ou des années à la suite du curage ganglionnaire pelvien. La plupart disparaissent d’eux-mêmes ou peuvent être traités, mais certains risquent de durer longtemps ou d'être permanents.

Durant la chirurgie, un saignement peut survenir s’il y a une lésion aux vaisseaux sanguins iliaques. Le chirurgien traite immédiatement cette complication en réparant les vaisseaux sanguins touchés.

Avisez votre équipe de soins si vous éprouvez les effets secondaires suivants ou d’autres que vous croyez liés au curage ganglionnaire pelvien :

  • douleur, inconfort ou sensibilité à la partie inférieure de l’abdomen;
  • écoulement constant, croissant ou malodorant;
  • accumulation de lymphe (lymphocèle) près de l’incision;
  • caillot sanguin dans une jambe (thrombose veineuse profonde, ou TVP);
  • accumulation de lymphe dans les tissus mous (lymphœdème) des membres inférieurs.

Il se peut que votre équipe de soins vous administre des antibiotiques pour prévenir ou traiter une infection, ou évacue le liquide s’il y a une accumulation. Le traitement du lymphœdème peut comprendre de la massothérapie, le port de vêtements de compression et des exercices.

Ce que signifient les résultats

Chaque ganglion lymphatique enlevé est examiné afin de savoir s’il contient des cellules cancéreuses.

  • Un ganglion lymphatique négatif ne contient pas de cellules cancéreuses.
  • Un ganglion lymphatique positif contient des cellules cancéreuses.

Dans son rapport, le pathologiste indique le type de cancer, le nombre de ganglions lymphatiques enlevés et le nombre de ganglions lymphatiques qui contiennent des cellules cancéreuses. Le rapport peut aussi indiquer si le cancer s’est propagé au-delà de la paroi du ganglion lymphatique (étendue extraganglionnaire ou extracapsulaire).

Le nombre de ganglions lymphatiques positifs aide les médecins à établir le stade du cancer. À l’aide du stade et d’autres renseignements sur le type et le grade du cancer, le médecin prend les décisions thérapeutiques appropriées et établit un pronostic.

Selon les résultats, votre médecin décidera si d’autres examens, traitements ou suivi sont nécessaires.

Considérations particulières pour les enfants

Dans de rares cas, on doit faire un curage ganglionnaire pelvien à un enfant pour stadifier ou traiter certains cancers, comme le carcinome à cellules claires du col de l’utérus ou du vagin.

Préparer un enfant à un test ou à une intervention peut réduire son anxiété, accroître sa collaboration et l’aider à développer des habiletés d’adaptation. La préparation suppose d’expliquer à l’enfant ce qui se passera lors de l’intervention, y compris ce qu’il verra, ressentira, entendra, goûtera ou sentira.

La préparation d’un enfant à un curage ganglionnaire pelvien dépend de son âge et de son expérience. Apprenez-en davantage sur la façon d’aider votre enfant à faire face aux tests et au traitement.

Révision par les experts et références

  • Abu-Rustum,N.R.,Su,W.,Levine, D.A., et al . Pediatric radical trachelectomy for cervical clear cell carcinoma: a novel surgical approach. Abu-Rustum,N.R.,Su,W.,Levine, D.A., et al. PubMed Health. U.S. National Library of Medicine; 2005: http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmedhealth/.
  • Papanikolaou, F. . Pelvic lymph node dissection. eMedicine.Medscape.com. WebMD LLC; 2013: http://emedicine.medscape.com/.