Les femmes porteuses d'une mutation héréditaire du gène BRCA1 présentent un risque nettement plus élevé de développer un cancer du sein agressif au cours de leur vie, y compris pendant la grossesse et après l’accouchement. Les chercheurs savent depuis longtemps que l'allaitement maternel est associé à un risque moins élevé de développer certains cancers du sein, mais ils ne comprennent pas encore pleinement pourquoi. On en sait encore moins sur l'influence des mutations du gène BRCA1 sur les changements normaux qui se produisent dans le sein pendant et après la grossesse.
Ryan Ghorayeb, lauréat d'une Bourse de formation en recherche et doctorant, travaille aux côtés de Christopher Maxwell, Ph. D., chercheur financé par la SCC à l'Université de la Colombie-Britannique. Il étudie l'influence du gène BRCA1 sur le développement des glandes mammaires pendant la grossesse, l'allaitement et lors du retour des glandes à leur état d'avant la grossesse. Il espère ainsi comprendre l'incidence de ces changements sur le risque de cancer du sein.
À l'aide d'organoïdes (des minitissus mammaires cultivés en laboratoire), les chercheurs Ghorayeb et Maxwell ont découvert que la protéine BRCA1 jouait un rôle essentiel dans la division cellulaire et la différenciation des cellules en cellules productrices de lait. Ils ont également constaté que les glandes mammaires présentant des mutations du gène BRCA1 mettaient plus de temps à retrouver leur état d'avant la grossesse. « Découvrir les modifications qui surviennent dans la glande mammaire avant la formation des tumeurs nous aide à mettre au point des stratégies visant à prévenir le cancer plutôt qu’à le traiter, explique Ryan Ghorayeb. Cela est important pour les personnes porteuses de la mutation BRCA1, car les cancers du sein chez ces femmes sont agressifs et difficiles à traiter. »
En collaboration avec d’autres équipes de recherche au Canada, au Royaume-Uni et en Espagne, l’équipe a lancé un essai clinique visant à déterminer si la cabergoline peut accélérer le retour des glandes mammaires à leur état d’avant la grossesse et réduire le risque de cancer du sein chez les personnes porteuses de mutations du gène BRCA1. « La perspective d’une nouvelle approche préventive non chirurgicale pour les femmes nées avec des mutations du gène BRCA1 suscite notre enthousiasme, affirme Ryan Ghorayeb. Cette approche pourrait également s’avérer efficace à plus grande échelle. »
L'an dernier, inspiré par des échanges avec des personnes atteintes de cancer dans le cadre du programme ÉCLAT de la SCC – qui aide les stagiaires dans leur apprentissage, le réseautage et le partage des connaissances – Ryan Ghorayeb a élargi la recherche pour y inclure l'étude d'échantillons humains. Cette année, l'équipe a prélevé des échantillons uniques de tissu mammaire humain chez des personnes pendant la grossesse et après l'accouchement, puis s'est associée à d'autres chercheurs pour analyser de vastes ensembles de données fondées sur cette population.
« La SCC a financé directement mes recherches au cours des trois dernières années et m’a fourni un budget supplémentaire pour la formation, explique le chercheur. Grâce à ces fonds, j’ai pu participer à des conférences à l’échelle nationale et internationale. J’y ai découvert les dernières avancées en matière de biologie du cancer du sein et j’ai renforcé la collaboration avec des laboratoires au Canada et à l’étranger. »
Avec une nouvelle subvention La biologie au service de la prévention du cancer, Christopher Maxwell et son équipe espèrent que leurs recherches permettront de découvrir de nouveaux moyens de prévenir le cancer du sein chez les personnes porteuses d'une mutation du gène BRCA1 et de sauver des vies en arrêtant le cancer avant qu'il n'apparaisse.
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