Portrait

Cancer du poumon : l’essai clinique qui a changé la vie de Normand 

À l’automne 2023, Normand Canty apprend qu’il est atteint d’un cancer du poumon métastatique. Aujourd’hui, il raconte comment sa participation à un essai clinique financé par la Société canadienne du cancer lui a redonné espoir. 

À 68 ans, Normand Canty n’avait jamais vraiment été malade. Retraité de son métier de mécanicien, il menait une vie active et travaillait comme chauffeur lors d’événements culturels. Mais à l’automne 2023, une douleur persistante entre les omoplates l’amène à passer une série d’examens.

Pris de court, Normand apprend qu’il est atteint d’un cancer du poumon de stade 4 qui s’est propagé aux os. Une métastase a même fait éclater l’une de ses vertèbres cervicales, nécessitant une opération. À ce moment-là, les médecins lui donnent de 6 à 12 mois à vivre…  

Aujourd’hui, plus de trois ans après son diagnostic, Normand est toujours en vie. Ses examens ne montrent plus de traces visibles de cancer dans ses poumons ni dans sa colonne vertébrale. Il attribue en grande partie ce changement de trajectoire à sa participation à un essai clinique.  

Si je n’avais pas accepté de participer à la recherche, ce n’est pas moi qui vous raconterais mon histoire aujourd’hui, ça serait ma femme. Moi, je serais mort. 

Pour en savoir plus sur les essais cliniques disponibles et déterminer s’ils pourraient vous convenir, visitez Essais cliniques sur le cancer au Canada afin d’obtenir des informations actualisées et faciles à comprendre sur les études de recherche effectuées partout au Canada. 

Normand Canty et sa conjointe assis ensemble sur un banc à l’extérieur.
Normand Canty et sa conjointe 

Le microbiome, une nouvelle piste pour traiter le cancer 

Après une opération à la colonne vertébrale au CHUM, Normand rencontre la Dre Arielle Elkrief, oncologue et chercheuse clinicienne au CHUM. Elle lui explique la possibilité de participer à un essai clinique sur la greffe de microbiote fécal, une approche qui consiste à transférer des bactéries intestinales d’un donneur en bonne santé à un patient.

Les chercheurs étudient si cette approche peut améliorer l’efficacité de l’immunothérapie, un traitement qui aide le système immunitaire de l’organisme à combattre le cancer. L’essai clinique porte sur des personnes atteintes d’un mélanome et d’un cancer du poumon. 

Si le concept du traitement peut faire sourciller, Normand n’hésite pas. Sa survie pourrait en dépendre. 

Le traitement de greffe fécale combiné à l’immunothérapie avait 60 % à 65 % de chance de réussite. Entre ça et 6 à 12 mois à vivre, le choix était facile.

Concrètement, le traitement consiste en une préparation intestinale, suivie de la prise de 40 comprimés congelés fabriqués à partir de selles saines. Les comprimés sont inodores et sans saveur. Normand ne ressent aucun effet secondaire lié à la greffe, hormis une sensation de froid dans l’estomac.

Quelques jours après la greffe, en janvier 2024, Normand commence ses traitements d’immunothérapie et remarque rapidement des améliorations. « Avant le début du traitement d’immunothérapie, je marchais avec une canne. Après le premier traitement, plus de canne », dit-il.  

Au bout de neuf mois de traitements, sur le scan des poumons, il n’y avait déjà plus de traces de cancer, pareil pour la colonne. 
Dre Arielle Elkrief et Dr Bertrand Routy debout ensemble dans un laboratoire.
(gauche à droite) : Dre Arielle Elkrief et Dr Bertrand Routy 

Propulser la recherche sur le cancer du poumon 

Trois ans après son diagnostic, Normand profite d’une bonne qualité de vie. Même s’il se fatigue plus rapidement qu’avant, il estime avoir retrouvé environ 90 % de l’énergie qu’il avait avant son diagnostic. 

Son expérience a profondément changé sa façon de voir la recherche et les possibilités qu’elle peut offrir aux personnes touchées par le cancer.

L’essai clinique de la Dre Elkrief m’a sauvé la vie.

Le cancer du poumon demeure la principale cause de décès par cancer au Canada : en 2026, on estime qu'une personne sur 21 mourra d'un cancer du poumon. Un constat qui rappelle l’urgence de poursuivre la recherche et de développer de nouvelles approches thérapeutiques.  

Après avoir lui-même bénéficié des avancées de la recherche, Normand souhaite maintenant y contribuer : il encourage les personnes admissibles à considérer la participation à un essai clinique et fait désormais un don annuel à la Société canadienne du cancer. 

Normand Canty photographié à l’extérieur.
Les gens ne doivent pas hésiter à participer à un essai clinique. La recherche peut faire toute la différence, je suis là pour le prouver.
Normand Canty

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