Les pompiers peuvent être exposés à des centaines de contaminants, dont certains sont connus pour causer le cancer. Pourtant, bon nombre de pompiers ne reçoivent pas suffisamment de formation adéquate sur les moyens de réduire au minimum leur exposition.
Des pompiers comme John Fredericks, chef pompier (à la retraite) de Yellowknife, connaissent trop bien ce risque. John a reçu un diagnostic de lymphome du système nerveux central, un type rare de cancer du cerveau, qui est probablement dû à une exposition à des substances cancérigènes au travail. Aujourd’hui, il sensibilise les gens aux dangers du métier qui augmentent le risque d’apparition d’un cancer chez les pompiers.
Plus de 85 % des pompiers au Canada sont des bénévoles qui vivent dans des régions rurales ou éloignées. Ce groupe a des besoins particuliers en matière de prévention du cancer et de réduction des risques.
Financé par la SCC et les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), le chercheur Patrick McGrath, Ph. D., conçoit et évalue des initiatives d’éducation pour réduire l’exposition des pompiers à des substances chimiques carcinogènes. Ce projet permet aux pompiers de diminuer leur risque personnel de cancer.
« Nous avons posé les bases pour l’élaboration scientifique et pratique de meilleurs moyens de changer le comportement des pompiers afin de prévenir le cancer professionnel », dit Patrick McGrath, professeur émérite de psychiatrie à l’Université Dalhousie/IWK Health.
Patrick McGrath et son équipe de chercheurs et de praticiens au Canada et aux États-Unis ont créé les premiers outils scientifiques pour cerner comment les pompiers peuvent mieux se protéger du cancer au travail. Ces outils comprennent une échelle qui mesure les comportements quotidiens de prévention et une autre qui repère les obstacles au changement.
« En utilisant ces échelles, un pompier peut reconnaître les comportements nécessaires pour réduire le risque, et repérer certains des obstacles aux comportements à adopter, dit Jim Petrik, Ph. D., président du comité du cancer de l’Association canadienne des chefs de pompiers (ACCP) et chercheur dans le domaine du cancer à l’Université de Guelph. L’outil est sensible à la population mal desservie de pompiers volontaires, mais convient aussi pour les pompiers de carrière. »
Ces outils peuvent aussi aider les services d’incendie à créer les conditions propices à la prévention du cancer chez les pompiers, pour que le fardeau n’incombe pas juste aux pompiers.
« Seule une poignée de services d’incendie au Canada ont un plan de prévention du cancer chez les pompiers, dit Tina Saryeddine, Ph. D., directrice générale de l’ACCP et cochercheuse dans le cadre du projet. Cette recherche a permis au comité du cancer de l’ACCP d’adapter les éléments de l’échelle sous forme de "Programme de réponse rapide" que tous les services d’incendie peuvent utiliser. »
John Fredericks apprécie également ces travaux. « Je suis très heureux que la question du cancer professionnel ait été soulevée, dit John, qui collabore de près avec l’ACCP. Je crois fermement que nous devons financer de tels projets de recherche pour mieux comprendre les dangers auxquels les pompiers font face. »
Prévenir le cancer avant qu’il apparaisse est l’une des grandes priorités de la SCC. « Le financement conjoint de la SCC et des IRSC a été essentiel, dit Patrick McGrath. Autrement, rien de cette recherche n’aurait été possible. »
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Comme on estime que près de la moitié des personnes au pays recevront un diagnostic de cancer au cours de leur vie, l’urgence de financement est à son comble. La recherche est la clé permettant de transformer l’avenir du cancer.
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