Les prix d'excellence 2025

L’identité des lauréats 2025 des prix d’excellence de la SCC pour la recherche sur le cancer, lesquels en sont maintenant à leur 32ème année d’existence, est dévoilée.

Depuis 1993, nous avons reconnu le travail des meilleurs chercheurs au pays par les prix d’excellence de la Société canadienne du cancer. Nous sommes fiers de rendre hommage à ces hommes et ces femmes de talent qui ont joué un rôle clé dans les progrès de la recherche sur le cancer. Ces personnes ont apporté une contribution importante et significative en participant aux progrès de la recherche biomédicale sur le cancer ou en dirigeant une recherche qui a eu un impact majeur sur le contrôle du cancer au Canada.

Félicitations à tous nos lauréats!

Prix pour l’ensemble de la contribution

Marco Marra - Prix pour l'ensemble de la contribution

Marco Marra, Ph. D. 
Lauréat, Prix pour l’ensemble de la contribution 2025

Professeur, génétique médicale et aux laboratoires Michael Smith, Université de la Colombie-Britannique
Scientifique émérite, BC Cancer  

« Les contributions de Marco Marra, Ph. D. à la recherche en génomique du cancer à l’échelle nationale et internationale sont sans pareil, dit la Dre Nada Jabado, chercheuse sur les cancers infantiles à l’Université McGill, qui a soutenu la candidature de Marco Marra en vue du prix pour l’ensemble de la contribution 2025. Ses recherches novatrices, son leadership et son militantisme ont considérablement fait avancer le domaine de la génomique et auront un impact durable sur l’écosystème de la recherche sur le cancer. »

Marco Marra a été choisi pour ses contributions de grande envergure à la recherche sur le cancer au Canada. Le prix est décerné à un chercheur dont les réalisations dépassent les résultats habituellement attendus en recherche, par exemple l’établissement de réseaux, la création de ressources et la formation de nouveaux chercheurs en oncologie.

Contributeur de longue date aux domaines de la génomique et du cancer, Marco Marra fut l’un des premiers chercheurs à démontrer que le séquençage génétique permettait de trouver de nouvelles options de traitement pour des cancers en récidive. Il codirige maintenant le Programme d’oncogénomique personnalisée de la Colombie-Britannique, qui a aidé plus de 2000 patients à obtenir de nouveaux traitements. Les connaissances acquises dans le cadre de ce programme ouvrent aussi la voie à des thérapies individualisées adaptées à chaque cancer et au profil génétique de chaque personne.

« Faisant preuve d’une clairvoyance remarquable, l’équipe de Marco Marra a été la première à démontrer comment le séquençage du génome et du transcriptome entiers pouvait guider vers des options thérapeutiques pour un patient ou une patiente ayant une maladie récidivante, précise la Dre Jabado. Ces travaux révolutionnaires ont transformé la médecine du cancer au Canada. »

Toutefois, Marco Marra s’est illustré par des réalisations qui vont au-delà de ses recherches. Il a été mentor de stagiaires qui occupent aujourd’hui des postes importants en recherche sur le cancer, a tissé des partenariats et des collaborations au Canada et dans le monde et a plaidé en faveur de la génomique dans les politiques et soins de santé.

« Marco Marra est un scientifique visionnaire dont les contributions novatrices aux sciences de la santé ont eu un impact profond sur la société tant au Canada que dans le monde entier, dit Martin Hirst, Ph. D., chercheur en oncologie à l’Université de la Colombie-Britannique, qui a soumis sa candidature pour le prix. Ses contributions ont non seulement amélioré notre compréhension de la biologie du cancer, mais ont aussi influencé directement les pratiques cliniques, menant chaque jour à de meilleure résultats pour les personnes atteintes de cancer. »

J’ai eu le privilège de diriger ou de codiriger plusieurs projets sur le cancer, où l’on a découvert de nouvelles mutations, des biomarqueurs et des cibles thérapeutiques pour procurer des bienfaits aux personnes atteintes de cancer et à leurs familles. J’ai été très chanceux de contribuer à ces projets et à d’autres initiatives dans mon parcours en recherche sur le cancer, ce qui a été rendu gracieusement possible par le soutien de dirigeants fantastiques, de collègues et, surtout, des patients et de leurs familles.

Réflexion faite, je trouve que les augmentations d’échelle des technologies de génomique sont parmi les progrès les plus étonnants survenus durant ma carrière. Quand j’ai commencé, la production de la première séquence provisoire du génome humain a nécessité les efforts de milliers de personnes dans de nombreux labos partout dans le monde, pendant des années. Aujourd’hui, mes étudiants analysent régulièrement des ensembles de données composés de dizaines, de centaines et même de milliers de séquences de génomes. On peut séquencer les génomes de patients atteints de cancer sur un seul appareil, dans un seul laboratoire, et retourner les résultats à leurs équipes d’oncologie dans des délais cliniquement utiles. De nos jours, la technologie est des millions de fois plus efficiente, et les bienfaits pour la santé et la recherche sur la maladie qui découlent de cette efficience sont nombreux.

Accroche-toi et ne lâche pas. Tu te lances dans une folle aventure!

Prix d’excellence en matière d’inclusion

Shirin Abbasinejad Enger - Prix d'excellence en matière d'inclusion

Shirin Abbasinejad Enger, Ph. D.
Lauréate, Prix d’excellence en matière d’inclusion 2025

Professeure titulaire et directrice de l’Unité de physique médicale, Département d’oncologie Gerald Bronfman, Université McGill
Chaire de recherche du Canada en physique médicale

« La trajectoire professionnelle de Shirin Abbasinejad Enger, Ph. D., est une preuve de résilience et d’excellence, dit Eduardo Franco, Ph. D., épidémiologiste du cancer à l’Université McGill, qui a présenté la candidature de la chercheuse pour le prix d’excellence en matière d’inclusion 2025. Première femme à diriger l’unité et le programme de cycle supérieur de physique médicale de l’Université McGill, elle a brisé des plafonds de verre et a créé des voies à suivre pour d’autres. »

L’histoire de Shirin Abbasinejad Enger est celle d’une femme qui a surmonté les obstacles, de ses premiers jours en tant que réfugiée kurde jusqu’à ce qu’elle devienne une sommité mondiale en physique médicale et une championne de la représentation inclusive en recherche sur le cancer.

Alors qu’elle était encore étudiante, elle a réalisé que ses cours magistraux et ses manuels contenaient peu d’histoires de femmes en science. « Cette absence ne l’a pas rendue amère; elle l’a galvanisée, dit Yujing Zou, doctorante actuellement supervisée par Shirin Abbasinejad Enger. Plutôt que d’accepter un système où elle était invisible, elle a consacré sa carrière à la création d’un système où les autres seraient vus. »

En ce moment, Shirin Abbasinejad Enger assure un mentorat à plus de 30 stagiaires de tous niveaux allant du premier cycle au postdoctorat. Son labo accueille des personnes issues de groupes depuis toujours sous-représentés en physique, en génie et en informatique. Les étudiants sont non seulement les premiers auteurs nommés dans les articles, mais assistent aussi à des conférences et acquièrent une autonomie et des compétences de leadership qui les préparent à des carrières fructueuses en science.

Shirin Abbasinejad Enger a toutefois un impact qui va au-delà des étudiants et des stagiaires dans son labo. Elle est fermement résolue à élargir l’accès à l’éducation et à la formation en intelligence artificielle (IA), en imagerie médicale et en santé. Par l’entremise de son labo, elle a soutenu McMedHacks, un programme d’été international gratuit qui initie des étudiants, des chercheurs et des cliniciens à l’analyse d’images médicales et à l’apprentissage profond. Elle a aussi aidé à soutenir le lancement de SPARK (Sprint AI Training for African Medical Imaging Knowledge Translation [formation intensive en IA pour le transfert de connaissances sur l’imagerie médicale en Afrique]), une initiative pilotée par la chercheuse Udunna Anazodo, Ph. D. Avec ses étudiants de cycle supérieur et ses chercheurs postdoctoraux, Shirin Abbasinejad Enger a contribué à ce programme de formation des formateurs, lequel vise à donner à des directeurs de recherche en Afrique des moyens d’enseigner l’IA et d’en faire avancer l’utilisation pour l’imagerie médicale et des applications liées au cancer.

L’engagement de Shirin Abbasinejad Enger en matière d’accessibilité se reflète aussi dans ses propres recherches en physique médicale, où son équipe élabore des outils et technologies avancés qui peuvent être partagés, adaptés et bonifiés par le milieu de la recherche en général.

« Shirin Abbasinejad Enger est une scientifique extraordinaire qui défend sans relâche l’équité, la diversité et l’inclusion en recherche sur le cancer, ajoute Eduardo Franco. Son leadership, son mentorat et son engagement inébranlable à multiplier les possibilités pour les femmes et les groupes sous-représentés en science illustrent l’essence même de ce prix prestigieux. »

On croit souvent à tort que la physique médicale concerne surtout des appareils ou que les physiciens médicaux travaillent seulement dans l’ombre en radiothérapie. Or, les physiciens médicaux sont des scientifiques hautement qualifiés et des partenaires cliniques qui aident à garantir que les traitements anticancéreux sont précis, sûrs et adaptés à chaque patient. Nous travaillons dans des environnements multidisciplinaires avec des radio-oncologues, des cliniciens, des ingénieurs, des informaticiens, des biologistes et des stagiaires à résoudre des problèmes qui touchent directement les soins aux patients.

Pour moi, la physique médicale ne se limite pas à administrer une radiothérapie avec précision; il s’agit d’utiliser la physique, la technologie et les données pour mieux comprendre le cancer, personnaliser le traitement, réduire les effets secondaires et améliorer l’issue pour les patients.

Ce qui m’a le plus frappée, c’est à quel point les progrès importants en recherche sur le cancer émergent souvent à la croisée des disciplines. Certaines des idées les plus formidables que j’aie vues ne venaient pas de la physique ou de l’oncologie seule, mais de la connexion de domaines comme l’oncologie, la physique, la biologie, la chimie, le génie, l’imagerie, le calcul scientifique et l’intelligence artificielle.

J’ai appris que lorsque des personnes ayant différentes expertises s’unissent autour d’un besoin clinique non comblé, elles peuvent voir le problème sous de nouveaux angles et créer des solutions qu’aucun de nous n’aurait pu élaborer seul. C’est ce qui a forgé ma perception de la recherche et du leadership. J’essaie de rester curieuse, de collaborer globalement et de demeurer ouverte aux questions même quand on ne sait pas encore où elles mèneront.

Pour moi, le constat le plus inattendu a été que l’incertitude est souvent le point de départ de l’innovation. Lorsqu’on rassemble différentes disciplines, on peut transformer des questions cliniques sans réponses en nouvelles technologies, en outils guidés par des données et en approches thérapeutiques qui permettent d’obtenir des soins contre le cancer plus personnalisés, plus précis et plus centrés sur le patient.

La radiothérapie est utilisée chez environ la moitié des personnes qui ont reçu un diagnostic de cancer, ce qui représente bien plus de 100 000 personnes chaque année au Canada. Mon travail est de rendre les traitements de radiothérapie plus précis, plus personnalisés et plus sûrs pour les patients. Une grande partie de ma recherche vise à améliorer des moyens de les planifier, de les administrer, de les mesurer et de les adapter aux besoins de chaque personne.

En élaborant des outils de planification évolués des traitements, de nouvelles technologies de radiothérapie, des détecteurs de rayonnements et des modèles fondés sur l’IA, mon équipe travaille pour aider les cliniciens à mieux comprendre la maladie et la réponse au traitement de chaque patient. Le but est d’améliorer la maîtrise de la tumeur tout en réduisant les effets secondaires inutiles afin que les personnes atteintes de cancer puissent non seulement vivre plus longtemps, mais aussi conserver une meilleure qualité de vie pendant et après le traitement.

Pour moi, changer l’expérience des soins contre le cancer, c’est aider à faire passer le traitement d’une approche universelle à des soins qui sont plus individualisés, plus empreints de compassion et davantage guidés par les données et les particularités uniques de chaque personne atteinte.

 Prix O. Harold Warwick

Marie-Élise Parent - Prix O. Harold Warwick

Marie-Élise Parent, Ph. D.
Lauréate, Prix O. Harold Warwick 2025

Professeure d’épidémiologie, Centre Armand-Frappier Santé Biotechnologie, Institut national de la recherche scientifique, Université du Québec
Professeure associée, Département de médecine sociale et préventive, École de santé publique, Université de Montréal

La chercheuse Marie-Élise Parent, Ph. D., est une sommité mondiale dans un domaine réputé difficile. Tout au long de sa carrière, elle s’est penchée sur les facteurs liés au milieu de travail et environnementaux qui contribuent au cancer de la prostate.

« Marie-Élise Parent est sans équivoque une éminente scientifique de renommée internationale, dit le professeur David Chatenet, Ph. D., qui a soumis sa candidature pour le prix O. Harold Warwick 2025. En effet, elle est la seule chercheuse dans le monde dont l’objectif premier s’articule autour des causes professionnelles et environnementales du cancer de la prostate. »

Le prix O. Harold Warwick souligne des réalisations exceptionnelles dans la recherche sur la lutte contre le cancer. On a d’abord cru que peu de facteurs de risque environnementaux étaient associés au cancer de la prostate, mais les travaux de Marie-Élise Parent ont révélé que plusieurs substances chimiques souvent présentes en milieu de travail et dans l’environnement accroissent le risque d’apparition d’un cancer. Des découvertes de ce genre servent à élaborer de nouvelles recommandations et mesures de réglementation pour aider à prévenir le cancer.

Marie-Élise Parent et son équipe de recherche étudient actuellement d’autres substances chimiques susceptibles de contribuer au cancer. Elles travaillent aussi à évaluer en quoi l’environnement social et les niveaux d’activité physique à vie d’une personne peuvent influer sur son risque d’avoir un cancer de la prostate. Cette recherche de pointe change non seulement la prévention du cancer de la prostate, mais Marie-Élise Parent utilise aussi son programme pour créer de meilleures façons d’étudier le cancer et pour former la prochaine génération de scientifiques qui suivront ses traces.

« Marie-Élise Parent joue un rôle crucial dans les avancées en matière de lutte contre le cancer avec ses recherches, formant la prochaine génération d’experts en prévention du cancer et faisant du Canada un acteur clé dans la lutte contre le cancer et la prévention du cancer, dit Eduardo Franco, Ph. D., épidémiologiste du cancer, qui a soutenu sa candidature. Le prix O. Harold Warwick serait une juste reconnaissance d’une géante canadienne de la science de l’épidémiologie et de la prévention du cancer. »

Mon travail consiste à recenser les expositions dans le milieu de travail et dans l’environnement qui peuvent augmenter le risque d’apparition d’un cancer. Nos conclusions sont utilisées par des organismes faisant autorité, comme le Centre international de Recherche sur le Cancer, lequel est l’agence de recherche sur le cancer de l’Organisation mondiale de la Santé qui classe les expositions selon leur cancérogénicité. Résultat : des règlements et politiques sont alors modifiés en conséquence, et de nouvelles mesures préventives sont élaborées pour protéger la population contre le cancer.

Les recherches antérieures ont laissé croire que le cancer de la prostate n’est pas évitable. Malgré des décennies de recherche sur ce cancer, ses facteurs de risque modifiables nous échappent. Il faut aujourd’hui admettre que la plupart des premières études comportaient de graves lacunes méthodologiques qui ont empêché les progrès dans le domaine d’aller de l’avant. Par exemple, on ne faisait pas de distinction entre les cancers non agressifs et agressifs, qui semblent avoir des causes différentes, et on ne tenait pas compte des modalités de détection et de dépistage, ce qui biaisait les résultats. La plupart des données initiales, datant de plusieurs décennies, n’ont pas fourni d’indicateurs cohérents de meilleures stratégies de prévention. On sait maintenant beaucoup mieux comment effectuer des études qui produiront des réponses utiles.
Il est absolument essentiel. La population canadienne veut faire une différence, pour améliorer les chances de prévenir et de combattre le cancer. La SCC joue un rôle majeur en mobilisant les forces pour garantir la tenue de projets de recherche de pointe sur le cancer.

Prix Robert L. Noble

Vincent Giguère - Prix Robert L. Noble

Vincent Giguère, Ph. D.
Lauréat, Prix Robert L. Noble 2025 

Professeur, Faculté de médecine, Institut du cancer Goodman, Université McGill<

Le chercheur Vincent Giguère, Ph. D., est une sommité reconnue à l’échelle internationale en science du cancer. Pendant plus de quatre décennies, il a fait des découvertes novatrices sur les processus par lesquels le cancer envoie et reçoit des signaux dans le corps. Ses travaux ont non seulement conduit à de nouvelles techniques scientifiques pour l’étude du cancer, mais aussi à de nouveaux examens et traitements qui font maintenant partie des soins standards.

« La carrière de Vincent Giguère incarne les idéaux les plus élevés d’excellence scientifique, d’innovation et d’impact, dit l’épidémiologiste du cancer Eduardo Franco, Ph. D., qui a soumis sa candidature pour le prix Robert L. Noble 2025. Ses découvertes ont refaçonné la biologie du cancer, orienté la pratique clinique et inspiré des générations de scientifiques. »

Le prix Robert L. Noble est remis à un chercheur qui a accompli des réalisations exceptionnelles en recherche biomédicale sur le cancer. L’influence de Vincent Giguère sur la recherche liée au cancer a été révolutionnaire – et continue de l’être.

Tôt dans sa carrière, Vincent Giguère a découvert le récepteur alpha de l’acide rétinoïque (RARA), un gène qui guide la maturation des cellules en présence de vitamine A. Ce gène est muté chez les personnes atteintes d’un cancer appelé leucémie promyélocytaire aiguë (LPA). La découverte du RARA a facilité le diagnostic de la LPA et ouvert de nouvelles possibilités pour la traiter, la faisant passer d’une maladie mortelle à l’une des formes les plus curables de leucémie.

Depuis, Vincent Giguère a étudié de nombreux autres gènes qui régissent le développement des cellules et, dans certains cas, leur évolution jusqu’au cancer. Il a également mis au point la technique de cotransfection, une épreuve de laboratoire qui a été adoptée dans le monde entier et qui a aidé des chercheurs à repérer des substances chimiques pouvant devenir de nouveaux médicaments anticancéreux.

« Je considère Vincent Giguère comme l’un des scientifiques les plus créatifs et les plus productifs dans notre domaine, avec une carrière de 40 ans marquée par beaucoup de découvertes remarquables, dit le chercheur Donald P. McDonnell, Ph. D., biologiste moléculaire du cancer à l’Université Duke, qui a appuyé sa candidature. Il est un pilier du milieu de la recherche sur le cancer au Canada et dans le monde, qui a consacré sa carrière à l’avancement de la recherche fondamentale sur le cancer et dont les nombreuses découvertes ont eu un énorme impact sur l’oncologie. »

Pour moi, l’une des questions les plus urgentes en recherche sur le cancer est la suivante : une fois qu’une cellule normale est devenue cancéreuse, comment peut-on reprogrammer le matériel génétique de cette cellule pour la ramener à son état initial normal? Cela éviterait l’utilisation des médicaments de chimiothérapie conçus pour tuer des cellules, et tous les effets secondaires graves associés à ces médicaments.
J’ai eu la chance de faire quelques bons choix tout au long de mon parcours professionnel de chercheur, et je n’ai aucun regret à cet égard. À la lumière de ma propre expérience, le conseil que je donnerais à de jeunes stagiaires qui commencent une carrière en science est de se joindre à la meilleure équipe au bon endroit, que ce soit au doctorat, au postdoctorat ou pour le premier poste en enseignement universitaire, car on ne peut y arriver seul et les chances de succès sont beaucoup plus grandes quand on travaille dans un environnement riche et stimulant.

Prix Bernard et Francine Dorval

Daniel Schramek - Prix Bernard and Francine Dorval

Daniel Schramek, Ph. D.
Lauréat, Prix Bernard et Francine Dorval 2025

Professeur, Département de génétique moléculaire, Université de Toronto
Directeur adjoint pour la recherche axée sur la découverte et la chaire Tony Pawson, et chercheur principal, Institut de recherche Lunenfeld-Tanenbaum, Sinai Health

« Daniel Schramek incarne le souci d’innover, d’avoir un impact et de collaborer reconnu par le prix Bernard et Francine Dorval, dit la chercheuse Anne-Claude Gingras, Ph. D., qui a soumis sa candidature. Ses travaux ont déjà influencé la pratique clinique, et sa vision audacieuse de la recherche refaçonne notre connaissance du développement du cancer et ouvre de nouvelles avenues pour la prévention et le traitement. »

Le prix Bernard et Francine Dorval est décerné à un chercheur en début de carrière dans le domaine biomédical pour des travaux exceptionnels qui ont permis de mieux comprendre comment traiter ou guérir le cancer. Daniel Schramek, dans le cadre de ses recherches en génomique à l’Université de Toronto et au Sinai Health, a déjà découvert et analysé de nombruses mutations qui aident le cancer à se développer et à survivre.

L’une de ses premières découvertes est le rôle majeur que la protéine RANKL joue dans le cancer du sein hormonodépendant. En montrant comment RANKL stimule à la fois les phases initiales et la progression de la maladie, ses travaux ont pavé la voie à de nouveaux outils de surveillance prédictifs et ont inspiré des essais cliniques sur des médicaments visant à bloquer la protéine. Depuis, il a trouvé d’autres mutations génétiques qui modifient le risque de cancer du sein, et a même mis au point de nouvelles technologies de détection de ces gènes.

Daniel Schramek étudie aussi des mutations connues afin d’élucider comment elles causent la maladie. Il a dressé le profil de TP53, un gène courant du cancer, pour comprendre ce qui le régit et a analysé des mutations rares pour cerner comment elles agissent ensemble en présence de cancer. Lorsque son frère jumeau a reçu un diagnostic de gliome de bas grade (un type de tumeur cérébrale), il a élaboré un modèle de laboratoire de la tumeur et a repéré un variant génétique qui prédispose à l’apparition d’un gliome de bas grade. Ces études pourraient un jour conduire à de meilleures méthodes de prévention, de diagnostic précoce et de traitement pour de nombreux types de cancer.

« Daniel Schramek s’est illustré par des contributions marquantes à la recherche axée sur la découverte qui ont considérablement fait avancer notre connaissance du cancer, déclare Morag Park, Ph. D., biochimiste et chercheuse dans le domaine du cancer du sein, qui a appuyé sa candidature. Je suis convaincue qu’il mérite grandement le prix Bernard et Francine Dorval. »

J’embaucherais le modèle T-800 de Terminator. Il a un accent charmant, il ne dort pas, il ne mange pas; il fonctionne avec une cellule d’énergie et de la pure détermination. Il n’a besoin ni d’un manuel ni d’un protocole. Il est le manuel et il peut probablement « interfacer » avec un appareil de PCR brisé juste en le regardant. Avoir un Terminator signifie aussi qu’on ne présente pas de demande de subventions; on va simplement prendre les fonds. Imaginons que T-800, portant blouson de cuir et lunettes fumées, arrive dans un organisme de financement et dit : « Il me faut 2 M$ pour le projet sur le cancer. Je repasserai… pour le renouvellement. »

Certains de nos travaux de recherche pourraient se traduire par une meilleure stratification des patients selon des schémas de traitement spécifiques. En fait, une partie de notre recherche est consacrée au repérage de nouvelles cibles pour des médicaments ou au repositionnement de médicaments déjà prometteurs.

Très, très important! Il nous permet non seulement de réaliser des projets à risque élevé et à fort potentiel, mais aussi de former la prochaine génération de scientifiques à fort impact, que ce soit grâce à des subventions de recherche ou à des bourses d’études ou de recherche versées directement aux stagiaires.

Prix William E. Rawls

Sheila Garland - Prix William E. Rawls

Sheila Garland, Ph. D.
Lauréate, Prix William E. Rawls 2025

Professeure, Département de psychologie et discipline de l’oncologie, Université Memorial
Scientifique principale, Institut de recherche sur le cancer Beatrice Hunter, Université Dalhousie

Jusqu’à 6 personnes atteintes de cancer sur 10 sont aux prises avec des troubles du sommeil, ce qui peut nuire à leur rétablissement et au maintien de leur santé. Devant cette sérieuse lacune, la chercheuse Sheila Garland, Ph. D., a décidé de s’attaquer au défi de comprendre et de corriger les perturbations du sommeil pendant et après une expérience de cancer.

« En seulement 10 ans de carrière indépendante, Sheila Garland a réussi ce que beaucoup accomplissent durant toute leur carrière, dit le Dr Jun Mao, spécialiste en médecine intégrative au Memorial Sloan Kettering Cancer Center, qui a appuyé la candidature de Sheila Garland. Ses recherches profitent directement aux centaines de milliers de personnes qui vivent ou ont vécu une expérience de cancer au Canada. »

Sheila Garland a été retenue pour le prix William E. Rawls, à titre de chercheuse en début de carrière dont les contributions exceptionnelles ont mené à d’importantes avancées dans la lutte contre le cancer. Déjà, ses recherches ont démontré que le manque de sommeil réduit la qualité de vie, notamment la capacité de penser clairement. Elle travaille maintenant à des façons d’améliorer le sommeil pendant la survie au cancer et pendant un traitement contre le cancer.

Moins de 1 survivant du cancer sur 5 reçoit actuellement un traitement pour l’insomnie. C’est pourquoi Sheila Garland veut trouver des solutions accessibles pour tous. Grâce à une Subvention de recherche pour chercheuses et chercheurs prometteurs de la Société canadienne du cancer, elle dirige un essai clinique en vue d’évaluer son application gratuite pour téléphone intelligent iCANSleep, conçue pour guider les survivants du cancer dans une thérapie cognitivo-comportementale personnalisée contre l’insomnie.

« Sheila Garland est une sommité reconnue à l’échelle internationale en recherche sur la lutte contre le cancer, et ses contributions ont déjà transformé le domaine, dit Janet Morrison, Ph. D., présidente de l’Université Memorial, qui a soumis sa candidature pour le prix. Je suis certaine qu’elle continuera d’apporter des contributions fondamentales qui vont forger les soins aux survivants du cancer au cours des prochaines décennies. »

Le sommeil est l’un des aspects les plus négligés des soins contre le cancer. Pourtant, des problèmes de sommeil touchent la majorité des personnes atteintes de cancer et peuvent persister pendant des années après la fin du traitement. L’avenir auquel j’aspire en est un où une évaluation et un traitement fondés sur des données probantes pour des problèmes de sommeil sont accessibles à toute personne, peu importe qui elle est et quel est son lieu de résidence. Le manque de sommeil perturbe tout : humeur, capacité cognitive, fonction immunitaire et qualité de vie. Bien dormir n’est pas un prix de consolation à la fin du traitement contre le cancer; c’est une véritable trajectoire vers le rétablissement.
L’insomnie est-elle une cause ou une conséquence des issues défavorables du cancer, ou les deux? On sait que le lien est étroit, mais la direction importe énormément dans la façon de concevoir les soins. Si le fait d’améliorer le sommeil change effectivement les trajectoires de survie, cela redéfinit tout quant au rôle que la médecine comportementale devrait avoir en oncologie.
Ted Lasso. Il encourage les gens à donner le meilleur d’eux-mêmes et à dire la vérité aux autres. Le fonctionnement d’un labo repose sur une culture, et la culture vient de la manière dont les gens sont traités un mardi lorsque tout va mal.