Recherche sur le cancer de l'utérus

On en apprend toujours plus sur le cancer. Les chercheurs et les professionnels de la santé se servent de ce qu’ils ont appris lors des études de recherche pour élaborer de meilleures façons de traiter le cancer de l'utérus. Le texte qui suit traite de différentes recherches qui se révèlent prometteuses dans le traitement du cancer de l’utérus, en particulier le carcinome de l’endomètre (le type de cancer de l’utérus le plus courant).

Nous avons inclus de l’information qui provient des sources suivantes. Chaque article comporte un numéro d’identification dont le lien mène à un bref résumé.

  • PubMed, US National Library of Medicine (PMID)
  • Essais canadiens sur le cancer et ClinicalTrials.gov (NCT)

Chimiothérapie et radiothérapie

Voici des recherches importantes sur la chimiothérapie et la radiothérapie du cancer de l’utérus.

La chimioradiothérapie est un traitement qui consiste à administrer une chimiothérapie et une radiothérapie au cours de la même période. Un essai clinique de phase 3 appelé PORTEC-3 s’est penché sur l’efficacité de la chimioradiothérapie comparativement à celle de la radiothérapie utilisée seule pour traiter le carcinome de l’endomètre à risque élevé. Les chercheurs ont constaté que la chimioradiothérapie avait amélioré la survie globale et diminué le risque de récidive, en particulier pour les femmes atteintes d’un cancer de stade 3 (The Lancet Oncology, PMID 31345626, PMID 29449189; Essais canadiens sur le cancer, NCT 00411138). D’autres études ont comparé la chimioradiothérapie à la chimiothérapie utilisée seule. Les chercheurs ont observé que la chimioradiothérapie n’avait pas d’effet positif sur la survie sans récidive lorsque la maladie avait atteint un stade avancé (New England Journal of Medicine, PMID 31189035), mais qu’elle semblait améliorer la survie dans le cas du carcinome séreux de l’utérus (International Journal of Gynecological Cancer, PMID 28005619). Il faudra mener d’autres recherches pour découvrir le rôle que pourrait jouer la chimioradiothérapie dans le traitement du cancer de l’utérus.

La radiothérapie conformationnelle avec modulation d'intensité (RCMI) est une méthode d’administration perfectionnée de la radiothérapie puisque les faisceaux de radiation sont modelés de manière à émettre diverses doses vers différentes parties de la zone de traitement. Il est possible que la RCMI soit la meilleure technique pour administrer la radiothérapie dans la région du bassin après une chirurgie pour un cancer de l’utérus. La recherche indique que la RCMI entraîne moins de problèmes gastro-intestinaux (toxicité gastro-intestinale) que la radiothérapie standard dirigée vers le bassin (Journal of Clinical Oncology, PMID 29989857; PLoS One, PMID 28846718). À titre d’exemple, l’administration d’une RCMI après la chirurgie engendre un taux plus faible d’occlusion intestinale (blocage de l’intestin) chez les femmes atteintes d’un cancer de l’utérus ou du col de l’utérus (Gynecologic Oncology, PMID 27486131). La recherche montre également que la RCMI pourrait être préférable à la radiothérapie conformationnelle tridimensionnelle puisqu’elle cause moins de problèmes gastro-intestinaux (Acta Oncologica, PMID 31017032; Cochrane Database of Systematic Reviews, PMID 29360138).

La protonthérapie a recours à des faisceaux de protons (particules chargées positivement) plutôt qu’à des faisceaux de rayons X pour traiter le cancer. Les protons causent moins de dommages aux tissus qu’ils traversent avant d’atteindre leur cible. Les chercheurs étudient la protonthérapie comme option de traitement chez un petit nombre de femmes atteintes d’un carcinome de l’endomètre ou d’un cancer du col de l’utérus (ClinicalTrials.gov, NCT 03184350; Radiation Oncology, PMID 29179751).

La curiethérapie vaginale est un type de radiothérapie lors duquel on insère un implant radioactif dans le vagin. Des recherches montrent que la curiethérapie vaginale effectuée après la chirurgie réduit le taux de récidive du cancer de l’utérus (Brachytherapy, PMID 27260082). Les chercheurs tentent de trouver la meilleure dose de curiethérapie vaginale ainsi que le meilleur diamètre et la meilleure position pour le cylindre (Journal of Gynecologic Oncology, PMID 29027402; Journal of Contemporary Brachytherapy, PMID 28725246). Ils essaient également de savoir si le fait d’associer la curiethérapie vaginale à la chimiothérapie constitue un traitement efficace du cancer de l’utérus (Journal of Clinical Oncology, PMID 30995174).

Traitement ciblé

Le traitement ciblé a recours à des médicaments pour cibler des molécules spécifiques, comme des protéines, présentes à la surface ou à l’intérieur des cellules cancéreuses. Ces molécules contribuent à l’envoi de signaux qui indiquent aux cellules de croître ou de se diviser. En ciblant ces molécules, les médicaments interrompent la croissance et la propagation des cellules cancéreuses tout en limitant les dommages aux cellules normales.

Des chercheurs étudient différents médicaments ciblés pour vérifier leur efficacité à traiter le cancer de l’utérus, en particulier lorsque celui-ci s’est propagé à d’autres parties du corps (cancer de l’utérus avancé ou métastatique). Voici quelques-uns des médicaments ciblés actuellement à l’étude :

  • ridaforolimus (Critical Reviews in Oncology/Hematology, PMID 27931828; Essais canadiens sur le cancer, NCT 00739830);
  • cédiranib et olaparib (Lynparza) (Essais canadiens sur le cancer, NCT 02502266);
  • périfosine (Investigational New Drugs, PMID 28864978);
  • palbociclib (Ibrance) pour le léiomyosarcome de l’utérus (Oncologist, PMID 28283584).

Immunothérapie

L’immunothérapie aide à renforcer ou à rétablir la capacité du système immunitaire à trouver et à détruire les cellules cancéreuses. Les chercheurs se penchent sur un type d’immunothérapie appelé inhibiteur du point de contrôle immunitaire. Le système immunitaire s’empêche habituellement d’attaquer les cellules normales en se servant de protéines spécifiques appelées point de contrôle, qui sont fabriquées par certaines cellules du système immunitaire. Les cellules cancéreuses ont parfois recours à ces points de contrôle pour éviter d’être attaquées par le système immunitaire. Les inhibiteurs du point de contrôle immunitaire bloquent les protéines des points de contrôle, permettant ainsi aux cellules du système immunitaire (appelées lymphocytes T) d’attaquer et de détruire les cellules cancéreuses.

Des chercheurs sont en train d’étudier le pembrolizumab (Keytruda), un inhibiteur du point de contrôle immunitaire, pour voir s’il peut améliorer la survie des femmes atteintes d’un carcinome de l’endomètre de stade avancé (Essais canadiens sur le cancer, NCT 03517449).

Pour en apprendre davantage sur la recherche sur le cancer

Les chercheurs tentent toujours d’en savoir davantage sur le cancer. L’essai clinique est une étude de recherche lors de laquelle on met à l’essai de nouvelles façons de traiter le cancer. On évalue également des manières de prévenir le cancer, de le trouver ou de le gérer.

L’essai clinique permet d'obtenir des renseignements sur l'innocuité et l'efficacité de nouvelles approches afin de déterminer si elles doivent être offertes à plus grande échelle. La plupart des traitements standards du cancer ont d'abord démontré leur efficacité en essai clinique.

Apprenez-en davantage sur les essais cliniques.

Révision par les experts et références

  • Canadian Partnership Against Cancer. Canadian Cancer Trials. Canadian Partnership Against Cancer; http://www.canadiancancertrials.ca.
  • US National Institutes of Health. ClinicalTrials.gov.