Recherche sur les tumeurs neuroendocrines (TNE)

On en apprend toujours plus sur le cancer. Les chercheurs et les professionnels de la santé se servent de ce qu’ils ont appris lors des études de recherche pour élaborer de meilleures pratiques qui aideront à détecter et à traiter les tumeurs neuroendocrines (TNE). Les chercheurs tentent aussi de trouver comment améliorer la qualité de vie des personnes atteintes de cette maladie.

Le texte qui suit traite de différentes recherches qui se révèlent prometteuses dans la lutte contre les TNE. Nous avons inclus de l’information qui provient de PubMed, la base de données de recherche de la National Library of Medicine. Chaque article scientifique de PubMed comporte un numéro d’identification (PMID) dont le lien mène à un bref résumé (Abstract, en anglais). Vous pouvez trouver de l’information sur les essais cliniques en cours au Canada sur EssaisCanadiensCancer.ca et ClinicalTrials.gov. On attribue aux essais cliniques un identifiant appelé numéro d’essai clinique national (NCT). Le numéro NCT mène vers des renseignements sur l’essai clinique.

Diagnostic et pronostic

Un domaine clé de la recherche porte sur de meilleures méthodes pour diagnostiquer et stadifier les TNE. Les chercheurs tentent également de trouver comment aider les médecins à établir un pronostic (probabilité que le cancer puisse être traité avec succès ou qu’il réapparaisse après le traitement). Voici des recherches importantes sur le diagnostic et le pronostic.

L’association de la tomographie par émission de positons et de la tomodensitométrie (TEP/TDM) ayant recours à certains produits radiopharmaceutiques, comme la 18F-FDOPA ou le 68Ga-DOTATATE, aide les médecins à diagnostiquer et à stadifier les TNE ainsi qu’à planifier le traitement (Essais canadiens sur le cancer, NCT02431715; Journal of Clinical Oncology, PMID 26712231; European Journal of Radiology, PMID 26152870; European Journal of Nuclear Medicine and Molecular Imaging, PMID 23417499). Apprenez-en davantage sur la tomographie par émission de positrons (TEP) et la tomodensitométrie (TDM).

Les biomarqueurs sont des substances, comme des protéines, des gènes ou des segments de matériel génétique tels que l'ADN et l'ARN, qui sont naturellement présentes dans le corps. On peut les mesurer dans les liquides corporels comme le sang et l’urine ou encore dans les tissus qu’on a prélevés sur le corps. Une mutation génétique ou un changement de la quantité normale d’un biomarqueur peut signifier qu’une personne est atteinte d’un certain type de cancer. Si votre médecin pense que vous pourriez être atteint d’une tumeur neuroendocrine (TNE), le dosage de certains biomarqueurs qui indiquent ces changements peut aider à confirmer le diagnostic. Le dosage des biomarqueurs peut aussi aider les médecins à établir le pronostic ou la réaction au traitement d’une personne atteinte d’une TNE. Les chercheurs évaluent les biomarqueurs suivants pour déterminer si ces substances peuvent aider les médecins à poser un diagnostic, à établir un pronostic et à savoir quels traitements seront les plus efficaces chez les personnes atteintes d’une TNE (Cancers, PMID 27023611; European Journal of Nuclear Medicine and Molecular Imaging, PMID 26596723; Surgery, PMID 26456125; The Lancet Oncology, PMID 26370353; Clinical Cancer Research, PMID 26199388; The American Journal of Gastroenterology, PMID 26032155) :

  • copie de l’ADN dans un gène (produit de transcription génétique), qui convertit les instructions de l’ADN en protéines ou en d’autres produits utiles au fonctionnement des cellules;
  • petits segments d'ARN (microARN);
  • cellules cancéreuses circulant dans le sang (cellules tumorales circulantes).

Le profilage moléculaire est un type d’analyse qui s’attarde aux caractéristiques génétiques des tumeurs et permet de trouver des biomarqueurs uniques dans les tumeurs. Les chercheurs espèrent que le profilage moléculaire aidera les médecins à déterminer les meilleurs traitements pour certains types de cancer, dont les TNE. Le profilage moléculaire aidera aussi les médecins à créer des traitements ciblés pour chaque cancer en fonction de la constitution génétique propre à la tumeur. Dans le cadre d’un essai clinique en cours au Canada, on réalise un profilage moléculaire sur des échantillons de tissus et de sang prélevés chez des personnes atteintes de TNE qui ont été traitées à l’aide d’un traitement ciblé (ClinicalTrials.gov, NCT02586844).

Traitement

Les chercheurs étudient de nouvelles méthodes qui pourraient améliorer le traitement des TNE. Les progrès réalisés dans le traitement du cancer ainsi que les nouveaux procédés permettant de soulager les effets secondaires ont engendré une hausse de la qualité de vie et un meilleur pronostic pour de nombreuses personnes atteintes de cette maladie.

Traitement ciblé

Lors du traitement ciblé, on se sert de médicaments pour cibler des molécules spécifiques, comme des protéines, présentes à la surface ou à l’intérieur des cellules cancéreuses. Ces molécules contribuent à l’envoi de signaux qui indiquent aux cellules de se multiplier ou de se diviser. En ciblant ces molécules, les médicaments interrompent la multiplication et la propagation des cellules cancéreuses tout en limitant les dommages aux cellules normales. Voici des recherches importantes sur le traitement ciblé des TNE.

L’évérolimus (Afinitor) est un agent ciblé qu’on appelle inhibiteur de la mTOR. Les inhibiteurs de la mTOR bloquent l’action d’une protéine qui participe au contrôle de la croissance et de la reproduction des cellules. L’évérolimus semble prometteur comme traitement des TNE gastro-intestinales (GI) et pulmonaires qui continuent de croître et de se propager (évolutives). Un essai de phase III a démontré que les personnes à qui on avait administré de l’évérolimus ont vécu plus longtemps sans que le cancer ne s’aggrave (survie sans évolution) que les personnes à qui on avait administré un placebo (The Lancet, PMID 26703889).

Le bévacizumab (Avastin) est un inhibiteur du facteur de croissance de l’endothélium vasculaire (VEGF). Il empêche les cellules cancéreuses de former de nouveaux vaisseaux sanguins dont elles ont besoin pour proliférer et croître. Les chercheurs étudient l’efficacité et l’innocuité du bévacizumab utilisé comme traitement des TNE métastatiques ou évolutives qui continuent de croître et de se propager. Ils étudient aussi l’emploi du bévacizumab en association avec d’autres médicaments, comme un agent chimiothérapeutique ou un inhibiteur de la mTOR (Journal of Clinical Oncology, PMID 25488966; European Journal of Cancer, PMID 25454413, PMID 25454412; BMC Cancer, PMID 24628963).

La pasiréotide (Signifor) est un analogue de la somatostatine. On a recours à ce type de médicament pour maîtriser les symptômes du syndrome carcinoïde et ralentir la croissance des TNE métastatiques. Les chercheurs étudient la pasiréotide comme traitement des TNE lorsque le cancer ne répond pas à d’autres analogues de la somatostatine tels que l’octréotide (Sandostatin). Un essai clinique de phase III a montré que la pasiréotide à libération prolongée permet de maîtriser les symptômes aussi bien que l’octréotide à libération prolongée. L’étude montre également que la survie sans évolution a été plus longue avec la pasiréotide à libération prolongée qu’avec l’octréotide à libération prolongée (Drug Design, Development and Therapy, PMID 26366058).

Traitement par peptides radiomarqués

Dans le traitement par peptides radiomarqués, on emploie une matière radioactive (radio-isotope) en association avec un analogue de la somatostatine qui cible des molécules spécifiques présentes à la surface des cellules cancéreuses. Les cellules cancéreuses captent la matière radioactive, qui les détruit. Le lutécium (Lu-177) octréotate (Lutathera) est un type de traitement par peptides radiomarqués qui a été approuvé par Santé Canada pour les tumeurs neuroendocrines gastro-entéro-pancréatiques exprimant les récepteurs de la somatostatine, bien différenciées, qui sont métastatiques ou non résécables et qui continuent de se développer et de se propager (Essais canadiens sur le cancer, NCT02743741, NCT01876771).

Soins de soutien

Vivre avec le cancer peut être tout un défi sous de nombreux angles. Les soins de soutien peuvent aider les gens à faire face au cancer, à son traitement et à ses effets secondaires possibles. Voici des recherches importantes sur les soins de soutien pour les TNE.

Le telotristat etiprate peut aider à maîtriser la diarrhée chez les personnes atteintes du syndrome carcinoïde. Les médecins prescrivent habituellement un analogue de la somatostatine, comme l’octréotide, pour maîtriser les symptômes du syndrome carcinoïde. Les chercheurs étudient le telotristat etiprate comme autre possibilité de traitement lorsque l’analogue de la somatostatine ne permet plus de maîtriser la diarrhée suffisamment bien (The Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism, PMID 25636046; Endocrine-Related Cancer, PMID 25012985).

Une chirurgie des valvules cardiaques peut être effectuée dans le but de traiter l’atteinte cardiaque causée par le syndrome carcinoïde (maladie cardiaque carcinoïde). Cette intervention chirurgicale aide à maîtriser les symptômes entraînés par les dommages au cœur et à améliorer le pronostic et la survie (Journal of the American College of Cardiology, PMID 26564596; Interactive Cardiovascular and Thoracic Surgery, PMID 24812331).

Pour en apprendre davantage sur la recherche sur le cancer

Les chercheurs tentent toujours d’en savoir davantage sur les TNE. L’essai clinique est une étude de recherche lors de laquelle on met à l'essai de nouvelles façons de prévenir, de détecter, de traiter ou de gérer le cancer. L’essai clinique permet d'obtenir des renseignements sur l'innocuité et l'efficacité de nouvelles approches afin de déterminer si elles doivent être offertes à plus grande échelle. La plupart des traitements standards des TNE ont d'abord démontré leur efficacité en essai clinique.

Apprenez-en davantage sur les essais cliniques.

Révision par les experts et références

  • Albanus DR, Apitzsch J, Erdem Z, et al . Clinical value of 68Ga-DOTATATE-PET/CT compared to stand-alone contrast enhanced CT for the detection of extra-hepatic metastases in patients with neuroendocrine tumours (NET). European Journal of Radiology. 2015.
  • Balogova S, Talbot JN, Nataf V, et al . 18F-fluorodihydroxyphenylalanine vs other radiopharmaceuticals for imaging neuroendocrine tumours according to their type. European Journal of Nuclear Medicine and Molecular Imaging. 2013: http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3644207/.
  • Berruti A, Fazio N, Ferrero A, et al . Bevacizumab plus octreotide and metronomic capecitabine in patients with metastatic well-to-moderately differentiated neuroendocrine tumors: the XELBEVOCT study. BMC Cancer. 2014: http://bmccancer.biomedcentral.com/articles/10.1186/1471-2407-14-184.
  • Bodei L, Kidd M, Modlin IM, et al . Measurement of circulating transcripts and gene cluster analysis predicts and defines therapeutic efficacy of peptide receptor radionuclide therapy (PRRT) in neuroendocrine tumors. European Journal of Nuclear Medicine and Molecular Imaging. 2016.
  • Canadian Partnership Against Cancer. Canadian Cancer Trials. Canadian Partnership Against Cancer; http://www.canadiancancertrials.ca.
  • Connolly HM, Schaff HV, Abel MD, et al . Early and late outcomes of surgical treatment in carcinoid heart disease. Journal of the American College of Cardiology. 2015.
  • Demes M, Aszyk C, Bartsch H, Schirren J, Fisseler-Eckhoff A . Differential miRNA-expression as an adjunctive diagnostic tool in neuroendocrine tumors of the lung. Cancers. 2016: http://www.mdpi.com/2072-6694/8/4/38.
  • Ducreux M, Dahan L, Smith D, et al . Bevacizumab combined with 5-FU/streptozocin in patients with progressive metastatic well-differentiated pancreatic endocrine tumours (BETTER trial): a phase II non-randomised trial. European Journal of Cancer. 2014.
  • Hobday TJ, Qin R, Reidy-Lagunes D, et al . Multicenter phase II trial of temsirolimus and bevacizumab in pancreatic neuroendocrine tumors. Journal of Clinical Oncology. 2015.
  • Khan MS, Kirkwood AA, Tsigani T, et al . Early changes in circulating tumor cells are associated with response and survival following treatment of metastatic neuroendocrine neoplasms. Clinical Cancer Research. 2016.
  • Kulke MH, O'Dorisio T, Phan A, et al . Telotristat etiprate, a novel serotonin synthesis inhibitor, in patients with carcinoid syndrome and diarrhea not adequately controlled by octreotide. Endocrine-Related Cancer. 2014: http://erc.endocrinology-journals.org/content/21/5/705.long.
  • Manoly I, McAnelly SL, Sriskandarajah S, McLaughlin KE . Prognosis of patients with carcinoid heart disease after valvular surgery. Interactive Cardiovascular and Thoracic Surgery. 2014: http://icvts.oxfordjournals.org/content/19/2/302.long.
  • Mitry E, Walter T, Baudin E, et al . Bevacizumab plus capecitabine in patients with progressive advanced well-differentiated neuroendocrine tumors of the gastro-intestinal (GI-NETs) tract (BETTER trial): a phase II non-randomised trial. European Journal of Cancer. 2014.
  • Modlin IM, Frilling A, Salem RR, et al . Blood measurement of neuroendocrine gene transcripts defines the effectiveness of operative resection and ablation strategies. Surgery. 2016.
  • Modlin IM, Kidd M, Bodei L, Drozdov I, Aslanian H . The clinical utility of a novel blood-based multi-transcriptome assay for the diagnosis of neuroendocrine tumors of the gastrointestinal tract. American Journal of Gastroenterology. 2015.
  • Modlin IM, Oberg K, Taylor A, Drozdov I, Bodei L, Kidd M . Neuroendocrine tumor biomarkers: current status and perspectives. Neuroendocrinology. 2014: http://www.karger.com/Article/FullText/368363.
  • Oberg K, Modlin IM, De Herder W, et al . Consensus on biomarkers for neuroendocrine tumour disease. Lancet Oncology. 2015.
  • Pavel M, Horsch D, Caplin M, et al . Telotristat etiprate for carcinoid syndrome: a single-arm, multicenter trial. Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism. 2015: http://press.endocrine.org/doi/10.1210/jc.2014-2247?url_ver=Z39.88-2003&rfr_id=ori:rid:crossref.org&rfr_dat=cr_pub%3dpubmed.
  • Sadowski SM, Neychev V, Millo C, et al . Prospective study of 68Ga-DOTATATE positron emission tomography/computed tomography for detecting gastro-entero-pancreatic neuroendocrine tumors and unknown primary sites. Journal of Clinical Oncology. 2016.
  • Wolin EM, Jarzab B, Eriksson B, et al . Phase III study of pasireotide long-acting release in patients with metastatic neuroendocrine tumors and carcinoid symptoms refractory to available somatostatin analogues. Drug Design, Development and Therapy. 2015: http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4562767/.
  • Yao JC, Fazio N, Singh S, et al . Everolimus for the treatment of advanced, non-functional neuroendocrine tumours of the lung or gastrointestinal tract (RADIANT-4): a randomised, placebo-controlled, phase 3 study. Lancet. 2016.