Recherche sur le cancer du foie

On en apprend toujours plus sur le cancer. Les chercheurs et les professionnels de la santé se servent de ce qu’ils ont appris lors des études de recherche pour élaborer de meilleures façons de traiter le cancer du foie. Le texte qui suit traite de différentes recherches qui se révèlent prometteuses dans le traitement du cancer du foie.

Nous avons inclus de l’information qui provient des sources suivantes. Chaque article comporte un numéro d’identification dont le lien mène à un bref résumé.

  • PubMed, US National Library of Medicine (PMID)
  • American Society of Clinical Oncology (ASCO)
  • Essais canadiens sur le cancer et ClinicalTrials.gov (NCT)

Chirurgie

Des chercheurs tentent de trouver les meilleures façons de traiter le cancer du foie à l’aide de la chirurgie et d’améliorer comment on pratique la chirurgie.

Une résection du foie par laparoscopie, ou résection hépatique laparoscopique, consiste pour le chirurgien à pratiquer de petites ouvertures (incisions) dans l’abdomen afin d’y insérer un endoscope et d’autres instruments permettant de retirer la partie cancéreuse du foie. Dans une étude, un groupe de personnes ayant une tumeur cancéreuse du foie et une cirrhose ont subi soit une résection hépatique ouverte (par une grande incision dans l’abdomen), soit une résection hépatique laparoscopique. Les personnes chez qui on avait pratiqué une résection hépatique laparoscopique ont été hospitalisées moins longtemps et ont présenté des résultats similaires sur les plans de la survie sans récidive et des complications, comparativement à celles ayant subi une résection hépatique ouverte (Journal of Laparoendoscopic & Advanced Surgical Techniques, PMID 29172949).

Ablation

Le traitement par ablation le plus courant pour le cancer du foie est l’ablation par radiofréquence (ARF). Des chercheurs étudient d’autres types d’ablation pour traiter le cancer du foie.

L’ablation par micro-ondes utilise la chaleur provenant des micro-ondes pour détruire les cellules cancéreuses (traitement hyperthermique). La chaleur est libérée par une aiguille insérée à travers la peau jusque dans la tumeur. La recherche montre que l’ablation par micro-ondes pourrait améliorer la survie des personnes atteintes d’un carcinome hépatocellulaire (ClinicalTrials.gov, NCT 02859753; Clinical Radiology, PMID 27890422).

L’électroporation irréversible (EPI) utilise une aiguille qui libère de l’énergie électrique directement au site de la tumeur. Cette technique a l’avantage de détruire les cellules cancéreuses sans générer de chaleur ou de froid extrême. Selon des études, l’EPI semble être un traitement sûr pour les petites tumeurs hépatiques et permet de contrôler la croissance des tumeurs (European Journal of Surgical Oncology, PMID 28109674).

Traitement ciblé

Le médicament standard pour le traitement ciblé du cancer du foie avancé est le sorafenib (Nexavar). Des chercheurs étudient d’autres médicaments ciblés pour traiter le cancer du foie.

Le ramucirumab (Cyramza) a été étudié au cours de l’essai REACH, où on a analysé son efficacité chez des personnes atteintes d’un cancer du foie avancé après un traitement au sorafenib. Le ramucirumab a amélioré la survie chez les personnes dont le taux d’alpha-fœtoprotéine (AFP) était supérieur à la normale (PMID 28591675; ASCO, Abstract TPS538; Essais canadiens sur le cancer, NCT 02435433).

Le régorafenib (Stivarga) peut constituer une option de traitement pour les personnes ayant un carcinome hépatocellulaire dans le cas où le sorafenib cesse d’être efficace et que le cancer continue à croître et à se propager (progresser). Un essai clinique international de phase 3 a montré que le régorafenib contribue à prolonger la survie. Il faudra des recherches plus approfondies pour déterminer si le régorafenib peut être associé à d’autres traitements (Lancet, PMID 27932229).

Le cabozantinib (Cabometyx) est un inhibiteur de la tyrosine kinase. Il est à l’étude chez des personnes atteintes d’un cancer du foie avancé. Un essai de phase 3 montre que le cabozantinib améliore la survie en comparaison d’un placebo (New England Journal of Medicine, PMID 29972759; ASCO, Abstract 4019).

L’apatinib est également un inhibiteur de la tyrosine kinase. La recherche fait état d’une survie sans évolution de la maladie et d’une survie globale plus longues chez les personnes traitées par apatinib (OncoTargets and Therapy, PMID 30288047 Une petite étude a observé que la chimioembolisation transartérielle (TACE) associée à l’apatinib est plus efficace que la TACE utilisée seule (Cancer Biology & Therapy, PMID 28548587).

Radiothérapie

Voici des recherches importantes sur la radiothérapie du cancer du foie.

La radioembolisation (aussi appelée radiothérapie interne sélective) envoie la radiation directement vers la tumeur au moyen de minuscules billes radioactives (microsphères). À l’aide d’un cathéter, on insère ces billes dans les vaisseaux sanguins qui alimentent la tumeur, ce qui permet d’acheminer une dose élevée de radiation dans la tumeur tout en bloquant l’apport de sang aux cellules cancéreuses. Des chercheurs tentent de déterminer si la radioembolisation par microsphères d’yttrium 90 est plus efficace que le traitement standard par sorafenib pour le carcinome hépatocellulaire localement avancé. La recherche se poursuit; toutefois, certains résultats indiquent que la radioembolisation, par rapport au traitement par sorafenib, n’engendre pas une survie globale plus longue (Journal of Clinical Oncology, PMID 29498924; The Lancet Oncology, PMID 29107679; BMC Cancer, PMID 27821083). Selon d’autres études, en comparaison de la chimioembolisation, la radioembolisation semble entraîner des effets secondaires moins graves et être associée à une meilleure survie globale (Cancer Biology and Medicine, PMID 30197797). Les chercheurs continuent d’étudier le rôle de la radioembolisation pour le traitement du cancer du foie.

La radiothérapie stéréotaxique corporelle (RSC) permet d’administrer avec précision des doses élevées de radiations ciblées en moins de séances (fractions). Elle émet de nombreux faisceaux de radiation de différents angles qui se rencontrent sur la tumeur. La tumeur reçoit donc une forte dose de radiation, alors que chaque faisceau qui circule dans le tissu voisin est de faible dose. Cela réduit les effets de la radiation sur le tissu sain entourant la tumeur. Un essai clinique de phase 3 se penche actuellement sur l’efficacité de la RSC et du sorafenib pour traiter le cancer du foie, comparativement au sorafenib employé seul. L’association de ces 2 traitements pourrait permettre de détruire un plus grand nombre de cellules cancéreuses (Essais canadiens sur le cancer, NCT 01730937).

Associations de traitements

Des chercheurs associent la chimioembolisation transartérielle (TACE), l’ablation par radiofréquence (ARF) et le sorafenib à d’autres traitements afin de voir si cela améliore la réaction au traitement et la survie chez les personnes atteintes d’un cancer du foie.

L’association du sorafenib et de la DEB-TACE a fait l’objet d’essais cliniques chez des personnes atteintes d’un cancer du foie. DEB est un acronyme anglais qui signifie « billes à élution de médicaments ». Ces billes sont injectées dans l’artère hépatique. Les résultats d’un essai ont montré qu’associer ces traitements améliorait la survie chez les personnes atteintes d’un cancer du foie avancé (Radiology, PMID 26069923). D’autres essais n’ont toutefois pas fait la preuve que cette association de traitements procurait le même bienfait (The Lancet Gastroenterology & Hepatology, PMID 28648803; Journal of Hepatology, PMID 26809111).

L’association de la TACE et de l’ARF a été étudiée en tant que traitement du carcinome hépatocellulaire au stade précoce, au lieu de la résection chirurgicale du foie. L’analyse de nombreuses études (appelée revue systématique) révèle que la chirurgie engendre une meilleure survie et un moindre risque de réapparition du cancer (taux de récidive) que la TACE associée à l’ARF (The American Surgeon, PMID 29580359). Mais la recherche montre aussi que la TACE associée à l’ARF améliore davantage la survie que la TACE employée seule (Oncotarget, PMID 27936465).

On a comparé l’administration de trioxyde d’arsenic (Trisenox) après la TACE à la TACE employée seule chez un groupe de personnes atteintes d’un cancer du foie s’étant propagé au poumon (métastase pulmonaire). Les résultats de l’étude semblent indiquer que l’administration de trioxyde d’arsenic après la TACE était plus efficace que la TACE employée seule. Les tumeurs hépatiques réagissaient mieux au trioxyde d’arsenic après avoir été traitées par TACE et le cancer se propageait moins souvent en dehors du foie avec ce traitement (Journal of Gastroenterology and Hepatology, PMID 27517972).

On étudie actuellement la radioembolisation (au moyen de microsphères de verre TheraSphere contenant de l’yttrium 90) associée au sorafenib afin de voir s’il s’agit d’un traitement plus efficace que le sorafenib employé seul pour un cancer du foie qui ne peut être enlevé par chirurgie. Les résultats n’ont pas encore été publiés (JMIR Research Protocols, PMID 30111528).

Pour en apprendre davantage sur la recherche sur le cancer

Les chercheurs tentent toujours d’en savoir davantage sur le cancer du foie. L’essai clinique est une étude de recherche lors de laquelle on met à l’essai de nouvelles façons de traiter le cancer du foie. On évalue également des manières de prévenir le cancer du foie, de le trouver ou de le gérer.

L’essai clinique permet d'obtenir des renseignements sur l'innocuité et l'efficacité de nouvelles approches afin de déterminer si elles doivent être offertes à plus grande échelle. La plupart des traitements standards du cancer du foie ont d’abord démontré leur efficacité en essai clinique.

Apprenez-en davantage sur les essais cliniques.

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