Recherche sur le lymphome hodgkinien

On en apprend toujours plus sur le cancer. Les chercheurs et les professionnels de la santé se servent de ce qu’ils ont appris lors des études de recherche pour élaborer de meilleures pratiques qui aideront à prévenir, détecter et traiter le lymphome hodgkinien (LH). Le texte qui suit porte sur différentes recherches qui se révèlent prometteuses dans le traitement du LH.

Nous avons inclus de l’information qui provient des sources suivantes. Chaque article comporte un numéro d’identification dont le lien mène à un bref résumé.

  • PubMed, US National Library of Medicine (PMID)
  • American Society of Clinical Oncology (ASCO)
  • Essais canadiens sur le cancer et ClinicalTrials.gov (NCT)

Chimiothérapie

Des chercheurs tentent de trouver des façons d’améliorer la chimiothérapie comme traitement du LH.

Le traitement guidé par tomographie par émission de positrons (TEP) a recours à des images TEP pour vérifier comment le LH répond au traitement après deux cycles de chimiothérapie. Si le LH répond bien à la chimiothérapie, la personne aura besoin d’un moins grand nombre de traitements. Les personnes atteintes d’un LH qui ne répond pas aussi bien à deux cycles de chimiothérapie, quant à elles, recevront le nombre total de traitements. Bien qu’on ait observé le même taux de survie dans les deux groupes, les personnes du groupe qui avait reçu moins de traitements de chimiothérapie ont éprouvé moins d’effets secondaires (The Lancet, PMID 29061295).

La chimiothérapie intensive accompagnée de radiothérapie améliore la survie globale chez les personnes atteintes d’un LH avancé. Une évaluation des données de survie à long terme provenant de 2 essais cliniques a révélé que le protocole BEACOPP intensifié constitue l’association chimiothérapeutique la plus efficace. Le BEACOPP réunit la bléomycine (Blenoxane), l’étoposide (Vepesid, VP-16), la doxorubicine (Adriamycin), la cyclophosphamide (Cytoxan, Procytox), la vincristine (Oncovin), la procarbazine (Natulan) et la prednisone. Le protocole BEACOPP intensifié consiste à administrer ce traitement associatif sur une plus courte période, soit tous les 14 jours plutôt que tous les 21 jours. Les chercheurs ont également mis en lumière la nécessité de traiter le LH par des méthodes moins toxiques, mais d’une efficacité équivalente, en raison des effets secondaires à long terme des traitements actuels, notamment les cancers secondaires (Lancet Haematology, PMID 30290903).

Greffe de cellules souches

Lors d’une greffe de cellules souches, on administre une chimiothérapie à forte dose pour détruire toutes les cellules dans la moelle osseuse. Cela comprend les cellules saines et les cellules du lymphome. À la suite de la chimiothérapie à forte dose, on donne des cellules souches saines pour remplacer celles qui ont été détruites dans la moelle osseuse. Des chercheurs tentent de trouver les meilleures façons de traiter le LH à l’aide de la greffe de cellules souches.

Le lymphome hodgkinien nodulaire à prédominance lymphocytaire (LHNPL) est un type rare de LH. Une autogreffe de cellules souches consiste à entreposer les cellules souches provenant de la personne elle-même pour les lui réadministrer après une chimiothérapie à forte dose. Bien que ce type de traitement soit utilisé pour les types les plus courants de LH, on ignore s’il sera efficace pour un LHNPL qui réapparaît après le traitement (récidivant) ou qui ne répond pas au traitement (réfractaire). Des recherches indiquent que le LHNPL a bien répondu à l’autogreffe de cellules souches et que ce traitement a donné lieu à une bonne survie à long terme (American Journal of Hematology, PMID 277531149).

Une greffe de cellules souches administrée après une chimiothérapie à forte dose pourrait être une option thérapeutique sûre pour le LH chez certaines personnes en santé de plus de 70 ans sélectionnées avec soin. Une étude a permis de constater que les médecins ne devraient pas utiliser l’âge des personnes comme critère pour exclure la greffe de cellules souches des options de traitement (ASCO, Abstract e19003).

Les personnes atteintes d’un lymphome hodgkinien et du VIH pourraient être en mesure de recevoir une allogreffe de cellules souches, ces dernières étant alors prélevées chez un donneur. Auparavant, les médecins préféraient ne pas offrir une allogreffe parce que ce traitement peut mener à une infection risquant de mettre la vie en danger. Mais lors d’une étude menée auprès de personnes ayant une infection au VIH et un cancer du sang ou un LH, on a constaté que des personnes sélectionnées avec soin ayant reçu une allogreffe ainsi qu’un traitement intensif anti-VIH n’ont pas eu de récidive causant la mort dans les 100 jours après la greffe ou d’infections causant la mort 1 an après la greffe. L’étude a permis de conclure que les médecins devraient considérer l’allogreffe comme une option de traitement pour les personnes de ce groupe si celles-ci répondent aux critères d'admissibilité (ASCO, Abstract 7006).

Traitement ciblé

Lors du traitement ciblé, on a recours à des médicaments ou à d’autres substances pour cibler des molécules spécifiques, habituellement des protéines, qui participent à la croissance des cellules cancéreuses tout en limitant les dommages aux cellules normales. Un domaine clé de la recherche porte sur de meilleures façons de traiter le lymphome hodgkinien par le traitement ciblé.

Le brentuximab védotine (Adcetris) est un médicament ciblé qu’on utilise pour traiter un LH avancé qui est réapparu après le traitement (récidivant) ou qui a cessé de répondre pendant le traitement (réfractaire). Des études sont en cours pour voir si on peut l’utiliser comme traitement initial chez les personnes qui viennent de recevoir un diagnostic de lymphome hodgkinien. Une étude a comparé le protocole A+AVD au protocole AVBD. A+AVD est un traitement associant le brentuximab védotine, la doxorubicine, la vinblastine (Velbe) et la dacarbazine (DTIC). Le protocole AVBD réunit la doxorubicine, la bléomycine, la vinblastine et la dacarbazine. D’après les résultats, l’association A+AVD s’avère le meilleur traitement, avec des taux d’évolution et de mortalité plus bas (New England Journal of Medicine, PMID 29224502; ASCO, Abstract 7541).

La bendamustine (Treanda) et le brentuximab védotine ont été administrés en association dans le cadre d’une étude chez des personnes atteintes d’un LH qui ne répondait plus à la chimiothérapie. La bendamustine est un agent chimiothérapeutique utilisé pour traiter certains types de leucémie et de lymphome non hodgkinien. Les chercheurs espéraient que l’association des 2 médicaments permettrait d’obtenir une réponse complète, c’est-à-dire qu’il n’y aurait plus de signe de cancer à la suite du traitement. Une réponse complète au traitement est nécessaire avant de procéder à une greffe de cellules souches. Les résultats de l’étude montrent qu’un grand nombre de personnes ont répondu complètement à la bendamustine associée au brentuximab védotine, et ont été capables de recevoir une greffe de cellules souches dans le cadre de leur traitement (British Journal of Haematology, PMID 27984643).

Immunothérapie

L'immunothérapie fait appel au système immunitaire pour aider à détruire les cellules cancéreuses. Elle est parfois appelée thérapie biologique. Des chercheurs tentent de trouver les meilleures façons de traiter le lymphome hodgkinien à l’aide de l’immunothérapie.

Le nivolumab (Opdivo) est un inhibiteur du point de contrôle PD-1. PD-1 est une protéine spécifique du point de contrôle immunitaire qui empêche les cellules T d’attaquer d’autres cellules. Elle y parvient en se liant à la PD-L1, une protéine présente à la surface de certaines cellules normales ou cancéreuses. Il y a des cellules cancéreuses qui contiennent beaucoup de PD-L1, ce qui aide à les protéger d’une attaque des cellules T. Selon la recherche, les cancers où PD-L1 est présente en plus grande quantité pourraient répondre mieux à l’immunothérapie par blocage du point de contrôle PD-1. Certaines études montrent que le nivolumab peut traiter efficacement les personnes atteintes d’un LH récidivant ou réfractaire (Cochrane Database of Systematic Reviews, PMID 30001476; Journal of Blood Medicine, PMID 28546779). Des essais cliniques se poursuivent sur le rôle du nivolumab, en association avec des médicaments ciblés, comme traitement du LH (ClinicalTrials.gov, NCT 02304458, NCT 03712202).

Le sintilimab (IBI308) est un autre type d’inhibiteur du point de contrôle PD-1. Un essai de petite envergure s’est penché sur l’utilisation du sintilimab chez des personnes atteintes d’un lymphome récidivant ou réfractaire. Bien que l’essai ait porté principalement sur les effets secondaires du médicament, on a observé que celui-ci provoquait des réponses, y compris des réponses complètes (ASCO, Abstract 7536).

Lors de la thérapie par lymphocytes T à récepteur d’antigène chimérique (CAR), on prélève des millions de lymphocytes T chez une personne atteinte de cancer. En laboratoire, on les modifie de façon à ce qu’ils soient dotés de CAR à leur surface. Ces récepteurs reconnaissent un antigène (protéine) spécifique exprimé par le type de cellules cancéreuses traitées. On réinjecte ensuite les lymphocytes T à la personne afin qu’ils se multiplient puis attaquent et détruisent les cellules cancéreuses. Des chercheurs étudient la thérapie par lymphocytes T à CAR comme traitement d’une récidive du LH après une greffe de cellules souches (Nature Reviews: Clinical Oncology, PMID 28857075; ClinicalTrials.gov, NCT 02690545).

Pour en apprendre davantage sur la recherche sur le cancer

Les chercheurs tentent toujours d’en savoir davantage sur le cancer. L’essai clinique est une étude de recherche lors de laquelle on met à l’essai de nouvelles façons de traiter le cancer. On évalue également des manières de prévenir le cancer, de le trouver ou de le gérer. L’essai clinique permet d'obtenir des renseignements sur l'innocuité et l'efficacité de nouvelles approches afin de déterminer si elles doivent être offertes à plus grande échelle. La plupart des traitements standards du cancer ont d'abord démontré leur efficacité en essai clinique.

Apprenez-en davantage sur les essais cliniques.